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> 22 avril 2009 à 12h40

Par Stéphane POCIDALO

Les Ultras haussent le ton

Ulcérés de ne pas pouvoir faire entrer des banderoles au Stade de France lors de la finale de la Coupe de la Ligue, les Ultramarines de Bordeaux vont observer une "grève d'ambiance de 60 minutes." Un nouvel acte de mécontentement qui ne cesse de se reproduire aux quatre coins de la France.

Samedi soir, du côté de Saint-Denis, l'ambiance du match Vannes-Bordeaux risque de ressembler à une rencontre de l'équipe de France. Si les quelques milliers de supporteurs bretons présents se feront entendre, les fans girondins, eux, resteront silencieux durant une bonne partie de la finale de la Coupe de la Ligue. En effet, les Ultramarines, l'une des principales association de supporteurs, sont plus que mécontents du comportement de la LFP. Dans un communiqué publié il y a une semaine sur leur site, on pouvait lire : "nous allons observer une grève d’ambiance de 60 minutes pour affirmer encore une fois notre désapprobation."

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase bordelais est l'affaire des banderoles. Il y a un mois, les Ultramarines avaient envoyé un courrier à la Ligue afin de déployer les deux messages suivants: "Des tribunes telles que vous les voudriez" (durant les 60 premières minutes de la finale) et "Des tribunes telles que nous les vivons" (à l'issue de la grève). Une demande refusée par la LFP, "sans aucune argumentation", dixit le Collectif Club Ultramarines. Résultat: la colère est montée d'un cran. "On va faire une finale sans ambiance, explique Laurent Perpigna, le responsable de l'association, dans les colonnes de Sud Ouest. Certains Bordelais seront choqués mais ce que les spectateurs vont vivre pendant une heure, c'est ce qu'ils vivront peut-être plus tard."

La fronde des Ultras bordelais n'est pas une nouveauté. Depuis l'été 2007, un manifeste, rédigé par 25 groupes de supporteurs de différentes équipes, circule un peu partout. Sous le nom de Coordination Nationale des Ultras (C.N.U), le mouvement a trouvé une formule choc: "le football n'est pas une marchandise". Leurs revendications? Des places au stade à des prix accessibles, des mesures de sécurité moins répressives et disproportionnées, des horaires de matches plus abordables et des meilleures conditions d’accueil. Quant aux animations des tribunes, la C.N.U demande aux instances de faciliter le travail des associations.

Cette saison, de nombreuses grèves ont eu lieu lors des rencontres de la Coupe de la Ligue, une compétition mal-aimée par les Ultras. Pour eux, ce trophée inventé par la LFP est purement un business, une machine "à pognon qui tue la passion" (d'après les banderoles fréquemment déployées). Samedi soir prochain, si les joueurs de Laurent Blanc remportent la finale, cela ne risque pas de calmer la C.N.U lors des prochaines éditions d'une Coupe de plus en plus décriée.


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