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> 08 décembre 2009 à 16h17
Éric Cantona était à Paris aujourd'hui pour présenter la sortie de son ouvrage "Elle, lui et les autres". Ce livre de photographies a été réalisé pour la fondation Abbé Pierre qui lutte pour aider les mal logés. Comme Cantona est un bon client, les médias présents à la conférence de presse l'ont interrogé à propos du débat sur l'identité nationale. La réponse a fusé: "être français, ce n'est pas "chanter la Marseillaise" ni "lire la lettre de Guy Môquet", mais d'abord être "révolutionnaire" face à un "système" qui contraint notamment des gens à vivre "dans la rue". "Etre français est-ce que c'est devoir parler français, chanter la Marseillaise, lire la lettre de Guy Môquet ? Ça c'est être con. Je ne dis pas que chanter la Marseillaise c'est être con, mais bâtir tout ça [l'identité] sur ça..."
La tête d'affiche des Publicités Partouche et Nike donne la leçon et il le fait plutôt bien. Éric Cantona a fait chanter la Marseillaise à 80 000 Anglais (lors de son dernier match à Old Trafford). Alors on peut l'écouter quand il parle d'identité nationale. Comme toujours, Cantona c'est une voix, une présence, un phrasé. Le monde de la publicité en a fait son révolutionnaire préféré. Toujours dans le même rôle, le même registre, le même humour. Mais aujourd'hui, la sortie de Cantona a un écho politique et elle mérite donc un tout autre intérêt. Lors de la conférence de presse, Cantona a expliqué: "Les responsables politiques balancent ce débat avant les élections. Tout le monde en a conscience mais (...) on leur sert la soupe car c'est ce qu'ils veulent. Donc arrêtons d'en parler, et parlons de choses beaucoup plus sérieuses et beaucoup plus graves". Après avoir expliqué qu'il n'aimait pas Domenech, Cantona a expliqué à sa manière qu'il n'aimait pas le minsitre de lImmigration, Éric Besson, pas plus que le président de la République, Nicolas Sarkozy. D'habitude, les déclarations solennelles, le buste en avant, de Canto sont teintées d'ironie, d'auto-dérision. Là, on sent de la sincérité.
Certains diront que l'ancien joueur de Manchester United est un bien bel homme sandwich qui donne des leçons de vie et de générosite, ils n'auront pas tort. Celui que l'on surnomme "The King" nous apprend qu'être français c'est être "révolutionnaire". Il y a quelque chose qui cloche. Non? Quoiqu'il en soit, Cantona est un personnage utile et un symbole de notre identité nationale. Il répète souvent qu'il se sent anglais. Si les gens d'outre-Manche ont su apprécier le personnage, ils ne l'ont pas rendu british pour autant. Cantona est et restera français. Une grande gueule, en somme.
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