Pavel BARTIK
> 09 mai 2009 à 15h30
Samedi 11 avril 2009. Beauvais reçoit Sète pour le compte de la 25e journée de Pro A. Pavel Bartik, Jasmin Cuturic, Rajko Jokanovic, Matti Oïvanen, Miloslav Javurek et Kristjan Ouekallas composent le 6 de départ du BOUC. Un Slovaque, un Tchèque, un Portugais mais bizarrement, pas un seul Français pour défendre les couleurs de la formation de l’Oise. Étonnant quand il s’agit de volley-ball. Mais dans le milieu, cette petite particularité ne surprend plus personne. C’est même devenu la marque de fabrique du BOUC. Alors que la plupart des formations de l’élite (Paris, Poitiers, Cannes ou Montpellier) fonctionnent avec 60 à 70 % de Tricolores, Beauvais en compte à peine un tiers : 6 sur les 19 joueurs qui composent l’effectif cette saison.
"Nous avons du mal à attirer les Français"
Mais pourquoi ? Comme partout, tout est question d’argent. "Nous n’avons pas les moyens financiers de notre ambition, donc nous allons recruter à l’étranger", explique Dragan Milic, le manager de l’équipe. "Beauvais est un club relativement jeune, nous avons du mal à attirer les meilleurs joueurs français, souvent trop chèrs et qui préfèrent le soleil de Cannes ou de Montpellier. Notre situation géographique n’est pas des plus faciles non plus : nous sommes coincés entre deux grands clubs, Paris et Tourcoing. Mais nous sommes très ambitieux. Notre objectif est de devenir l’un des clubs phares de l’élite nationale. Pour cela, nous sommes obligés d’aller chercher les joueurs étrangers. Mais attention, ce n’est pas une politique du club".
Slovènes, Bulgares, Portugais, Serbes… À Beauvais, ce ne sont pas moins de 11 nationalités qui se côtoient chaque jour à l’entraînement, sans parler du coach, Alain Dardenne, arrivé tout droit de Belgique (dont le contrat prend fin cette année, ndlr). Pour communiquer, on fait plus simple ! "Quand le coach s’adresse à l’équipe, il le fait en anglais", détaille le manager. "Ensuite, c’est au cas par cas. Les joueurs de mêmes nationalités s’entre-aident et tous apprennent le français".

Les "Boucistes" lors de leur victoire en Coupe de France en 2008
Une méthode payante
Grâce à ce recrutement à l’échelle européenne, le BOUC s’est rapidement imposé comme l'une des meilleures formations de Pro A. Il y a encore 6 ans, les joueurs de l’Oise évoluaient sur les parquets de Pro B. Débarqué au sein de l’élite en 2003, Beauvais n’a, depuis, cessé de progresser. Jusqu’à ce mois de mars 2008 où les hommes d’Alain Dardenne s’emparent de la Coupe de France, synonyme de qualification pour la Ligue des champions. Une consécration pour le club que certains ont eu du mal à accepter. Car cette victoire du BOUC, sans un joueur Français dans l’effectif, n’a pas été du goût de tous. En particulier de leurs adversaires de l’époque.
"Cette défaite à été difficile à accepter", avoue Arnaud Josserand, l’entraîneur de Montpellier."Je trouve d’ailleurs que dire que "ce n’est pas la politique du club", c’est faire preuve de langue de bois. Lorsqu’ils se déplacent à l’extérieur, il n’y a pas un Français sur le terrain. En face, c’est dur à accepter. Mais force est de constater que ça marche. Beauvais est une équipe construite pour gagner et performer tout de suite. Les joueurs venus de l’étranger sont recrutés pour faire leur job. Avec les Français, c’est différent. Il y a encore une notion de plaisir et moins cette notion de travail". Pour le coach de l’Hérault, cet afflux de joueurs étrangers pose un autre problème : l’exil des Tricolores. "Certains internationaux français sont obligés de partir jouer dans des championnats secondaires, moins relevés que la Pro A. Cela a une conséquence directe sur le niveau de l’équipe de France. La Fédération internationale pense d’ailleurs à instaurer des quotas".
Et pourtant, du côté de l’Oise, on assure que ce melting-pot n’est pas une volonté des dirigeants. "Même si c’est une grande richesse culturelle pour nous, on subit avant tout ce recrutement", insiste Dragan Milic. "Fonctionner avec une majorité de joueurs étrangers exige un énorme travail administratif, pour arranger les papiers par exemple. C’est aussi plus difficile de stabiliser le groupe. Nous sommes conscients d’avoir besoin des Français mais les meilleurs sont aspirés par les gros clubs". En attendant, le club continue de fonctionner comme il l’a toujours fait, s’imposant aujourd’hui dans le Top 10 de l’élite nationale.

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