Vendée Globe : Qui paiera la fracture d'Eliès?
Actualités / Autres Sports - le 22 décembre 2008 à 18h25
Victime d’une fracture du fémur, survenue jeudi dernier, Yann Eliès a été secouru samedi par la marine australienne, après trois jours de calvaire. Mais aujourd’hui, qui va payer ?
Plus d'un million de dollars australiens, soit environ 490 000 euros. Voilà le prix à payer pour sauver une vie sur la route du Vendée Globe. Depuis jeudi dernier, le skippeur Yann Eliès (Generali) vivait un véritable calvaire. Souffrant d’une fracture du fémur gauche et de côtes cassées, il ne pouvait plus bouger et avait eu toutes les peines du monde à atteindre ses médicaments. Marc Guillemot (Safran) s’était même dérouté pour lui venir en aide, un secours plus psychologique que médical. Mais samedi matin, vers 11 heures, une frégate de la marine australienne est venue délivrer le marin de ses souffrances. Et pour le docteur David McIlroy, qui lui a prodigué les premiers soins, le Français a échappé au pire. "Il n'avait plus qu'une bouteille de 60 cl de Coca-Cola à moitié pleine. S'il n'avait pu être secouru, il serait mort en mer dans les deux jours".
Mais après les soulagements et autres effusions de joie, l’heure est aux calculs. Car un sauvetage comme celui-là, ça coûte cher. Selon l'officier-commandant Steven Bowater, le HMAS Arunta a parcouru plus de 3000 kilomètres (1860 milles) pour recueillir le Français. Dans sa mission, le bateau australien a également fourni du fuel à un autre concurrent, le Britannique Mike Golding, afin qu'il puisse regagner la terre ferme avec son voilier démâté. Alors c’est sûr, la note est salée. Et qui va payer ? Du côté de Generali, on prend les devants.
"Le secours en mer est régi par la "Convention de Hambourg", du 27 avril 1979 (ratifiée notamment par la France et l'Australie), indiqué Marie-Christine Lanne, directeur de la communication de Generali France, dans un communiqué. Cette convention du droit international implique que les états signataires organisent les secours en mer dans les zones qu'ils supervisent et indique que tous les moyens doivent être mis en place pour sauvegarder la vie humaine et s'assurer qu'une assistance est fournie à toute personne en détresse en mer. Nous sommes prêts à proposer un dédommagement au docteur civil qui, à la demande des autorités australiennes, est monté à bord de la frégate HMAS Arunta pour qu'elle puisse appareiller rapidement et venir secourir Yann dans les meilleurs délais". On pourrait aussi demander au parrain du monocoque Generali, un certain Zinédine Zidane, de faire un petit chèque. Son contrat avec Generali est estimé à un demi-million d'euros l’année…


