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> 02 avril 2009 à 16h05

Par Stéphane POCIDALO

Sauvetage de Le Cam-Riou: la course continue

Il y a trois mois, le Vendée Globe avait été marqué par l'incroyable sauvetage de Jean Le Cam (VM Matériaux) par Vincent Riou (PBR). Aujourd'hui, l'armateur du bateau "sauveteur", qui doit payer une note de 750 000 €, demande réparation. Explications.

C'est l'histoire d'une course contre-la-montre qui pourrait se transformer en course devant le tribunal. Le 6 janvier dernier, en plein Vendée Globe, Jean Le Cam chavire à bord de VM Matériaux. Durant 24 heures, la peur de son entourage est légitime puisque le skipper peut, à tout moment, y laisser la vie. "L'hypothermie, ça peut détruire un homme en pas longtemps", certifie, à l'époque, Vincent Riou au PC Course. Et c'est avec beaucoup de courage et en "sacrifiant" sa course à la victoire, que ce dernier endosse le maillot de sauveteur et part porter secours à son ami, à bord de PBR. Le Cam est sain et sauf. Ce qui n'est pas le cas du monocoque de Vincent Riou...

Au lendemain de ce sauvetage, PRB démâte. Et cela a un prix: 750 000 € (entre son remorquage, les réparations et son rapatriement en France). Soit le tiers du coût du bateau. Trois mois plus tard, la question se pose: qui doit régler les dommages? L'assurance de PBR, ou celle de VM Matériaux (Le Cam)? Pour l'instant, pas de réponse. Ce qui commence à agacer les responsables de PBR.

Interrogé par Ouest-France, Vincent Riou explique cette drôle de situation: "Il me paraît normal que l'armateur du bateau sauveteur ne soit pas le seul à payer le coût occasionné par une opération de ce type... C'est bien sûr une situation exceptionnelle. Il faut donc une réponse qui permettra ensuite de savoir quelle responsabilité civile d'assurance devra l'anticiper. Ainsi, chacun aura l'esprit plus libre au moment de déclencher une opération de sauvetage..."

Pour l'heure, la société Mer Vent, armateur de VM Matériaux, n'a pas souhaité entrer dans le débat. Elle a, cependant, accepté la présence, dans les prochains jours, d'un expert maritime judiciaire qui viendra estimer le coût réel et définitif des dommages. Ensuite, soit une solution à l'amiable sera trouvée, soit l'affaire se règlera devant le Tribunal de grande instance de Quimper.
Moralité: sauver une vie humaine a, quand même, un prix...

 

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