Pourquoi la défaite du Real Madrid peut-elle être salutaire?


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Pourquoi la défaite du Real Madrid peut-elle être salutaire?

Actualités / Football - le 28 octobre 2009 à 11h19

Par Pierre ORLAC'H

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La claque reçue par le club de Florentino Perez en Coupe d'Espagne pourrait avoir des conséquences positives et obliger les dirigeants à replacer le club avant les individualités.

En sortant du match, ils ont tous demandé pardon. Les joueurs qui venaient de prendre une fessée face à Alcorcon (4-0), l'entraîneur Manuel Pellegrini qui avait reçu une leçon tactique, et Jorge Valdano, directeur sportif du club, qui a mesuré l'ampleur du travail à effectuer.

La presse, les supporteurs se déchaînent et ne devraient pas oublier l'affront.  Sur le site officiel du club, on se projette déjà sur le match retour qui aura lieu à Bernabeu. Retourner la situation n'est pas impossible. Il faudra marquer 5 buts, sans en encaisser. Mais même en cas de qualification, les "Madridistes" ne pardonneront pas. Il faudrait un tout autre exploit (une dixième victoire en Ligue des champions à Bernabeu en fin de saison par exemple) pour que la marque de cette claque reçue disparaisse complètement.

Car plus qu'ailleurs, en Espagne, les fans du Real Madrid attachent de l'importance à l'attitude, au comportement. Les socios veulent des résultats et du talent, mais plus que tout ils veulent du spectacle et de l'honneur. Alors pourquoi, pour reprendre les termes de Raul,  l'équipe a-t-elle reçu "une leçon d'humilité"?

Depuis longtemps, le Real Madrid a tourné sa politique sportive sur l'international. Le club a été l'un des premiers à faire venir des stars étrangères dans son équipe première, souvenez-vous de Raymond Kopa. Mais aujourd'hui, l'heure est grave, car les joueurs venus de France, des Pays-Bas, du Brésil ou d'ailleurs ne parviennent plus à former une équipe. Individuellement, tous ses joueurs expliquent qu'ils ont conscience d'évoluer dans un club historique, mais il n'y a pas de conscience collective. Il ne suffit pas d'aimer le Real.

On ne construit plus une équipe, on achète des joueurs

En Angleterre, Sir Alex Fergusson et Arsène Wenger recrutent toujours des joueurs dont le profil pourra se fondre dans le collectif. En Espagne, le FC Barcelone base son travail sur le centre de formation (cf. Les nouveaux craks de Barcelone). Cela n'empêche pas ces clubs de compter des stars dans leur effectif, mais c'est le collectif qui prime et est donc provilégié. Pour preuve, le départ de Samuel Eto'o cet été. Le meilleur attaquant du FC Barcelone, buteur lors des deux dernières victoires en Ligue des champions est parti. Ce n'est pas un drame. À Barcelone, c'est d'abord le club, ensuite les stars. La première période galactique a obtenu des résultats car Zidane, Ronaldo et même Beckham ont compris qu'ils ne réussiraient pas sans se fondre et sans s'imprégner de la culture du club. Aujourd'hui encore, Zizou est très impliqué dans la vie du club madrilène.

Cristiano Ronaldo et Kaka n'ont pas joué hier soir. Avec eux, l'équipe aurait sans doute limité les dégâts. Le Real aurait pu continuer à maintenir l'espoir d'obtenir des résultats, sans changer quoi que ce soit. Aujourd'hui, il paraît pourtant évident et urgent de  revenir sur des fondamentaux. Limiter le turn-over. Dégager rapidement un 11 titulaire. Il faut retrouver une défense, un esprit de combat, avant d'amuser la galerie aux avant-postes. À force d'imagination individuelle, il n'y a plus de bases collectives.
En additionnant les transferts réalisés par Calderon et Perez, le Real Madrid a perdu son collectif . L'effectif compte17 joueurs étrangers sur 36 et trop peu de complémentarité. Tous les éléments recrutés sont bons, mais ils n'ont pas été achetés pour bâtir une équipe. Ils ont été achetés pour vendre des maillots. L'équipe de Florentino Perez a perdu la partie depuis que les fans achètent des maillots non pas parce c'est celui du Real Madrid, mais parce que c'est celui d'un joueur. A Alcorcon, on achète le maillot d'une équipe pas celui de Borja ou de Gomez (les deux buteurs, hier soir).
 

 

Voir aussi:
Ce que disent les médias espagnols de cette rencontre dans notre revue de presse étrangère.
 

 

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  1. polodeparis le 28 octobre 2009

    Bonjour Pierre,

    C'est toujours bon de voir le coté positif dans ce genre de situation, mais il aurait mieux fallut le faire depuis pas mal d'années. Ce n'est pas la première fois que le Real Madrid prend une claque. Je pense que CR9 ou Kaka savent ce que c'est de se fondre dans un collectif. Le mal est plus profond. La comparaison avec le Barça concernant Eto'o est bonne et devrait inspiré le Real Madrid. Ils n'ont pas hésité à se débarrasser de Roni, de Deco et d'Eto'o, pourquoi le Real Madrid n'en ferait pas de même avec ses vaches sacrées (Raul et Guti)?
    Il y a beaucoup à dire sur la politique de recrutement mais il y a aussi beaucoup de chose à dire sur les intouchables.
    J'ajouterais une chose : comment des individualités peuvent s'épanouir dans cette équipe si elles ne jouent pas à leur poste naturel ? car c'est ce qui se passe en ce moment...

    bien à vous

  2. tchoufi le 28 octobre 2009

    C'est juste une histoire de gros sous jdis ^^