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> 03 août 2008 à 15h54

Par Thomas HETEAU

Pékin : Et si ça tournait mal ? 1/3

Une fois tous les quatre ans, le monde paraît tourner au ralenti. Oubliées les tensions politiques, la trêve olympique est l’occasion d’afficher une certaine unité. Enfin, c’est ce qu’on veut croire... Car plus que jamais, l’utopie olympique semble menacée. Premier défi, la pollution.

La Chine s’éveille. L’Empire du Milieu s’épanouit. Mais à l’heure où l’Occident ne parle que d’environnement et de développement durable, la Chine, elle, pollue. Et c’est bien là le problème. A Pékin, le niveau moyen de particules dans l'air reste deux fois plus élevé que la norme recommandée par l'Organisation mondiale de la santé, ce qui fait de la capitale chinoise l’une des cinq villes les plus polluées au monde. Bien sûr, les autorités chinoises ont un plan. Depuis le 20 juillet, la circulation automobile est alternée, une quarantaine d'usines ont été fermées pour deux mois et 26 chantiers de construction ont été interrompus. Et « la municipalité a dépensé 120 milliards de yuans entre 1998 et 2006, soit 3,24 % de son budget, pour lutter contre cette pollution, assure Du Shaozhong, porte-parole du bureau de protection de l’environnement. » 

pollution JO

Mais rien n’y fait, les athlètes s’inquiètent et certains préfèrent rester à la maison. Le public chinois devra donc se passer de l’Éthiopien Haile Gebreselassie, recordman du monde du marathon, qui a déclaré forfait en raison de son  asthme. Fait rarissime, le Comité olympique australien a même autorisé ses athlètes à se retirer de la compétition si la pollution représentait une trop grande menace.
 

Côté français, on n'en est pas encore là mais les responsables restent vigilants. « Cela fait plus d’un an que nous suivons les évolutions et nous sommes très attentifs aux efforts des Chinois, assure Fabien Canu, directeur de la préparation olympique et paralympique, joint par la rédaction des Dessous du Sport. Nous attendions des mesures draconiennes, elles n’ont pas eu les effets escomptés. Les autorités chinoises doivent poursuivrent leurs efforts. Mais je serai étonné qu’il y ait de graves problèmes, ils ne veulent surtout pas rater leurs Jeux. »

Athlètes et responsables avouent cependant leur impuissance face à la situation. Seules solutions envisageables, décaler certaines épreuves de quelques jours en cas de forte pollution et s’équiper de gilets de froid pour lutter contre la chaleur et l’humidité.
 


 
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