Où va l’arbitrage français?


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Où va l’arbitrage français?

Actualités / Football - le 31 août 2009 à 17h47

Par Xavier SERRA

arbitres

La LFP est aujourd’hui accusée de retards de paiements par les arbitres de Ligue 1 et de Ligue 2. Un énième rebondissement dans la guerre que se livrent la Ligue et les hommes en noir depuis plusieurs semaines.

Habitués à recevoir leur salaire dans un délai de trois semaines suivant les matchs, les arbitres professionnels s’étonnent aujourd’hui de ne pas avoir été payés. Depuis le début de saison, ils déplorent des retards de versements et ont écrit à Jean-Louis Piette, le patron du conseil supérieur de l'arbitrage (CSA), pour y remédier. Une péripétie de plus dans le feuilleton de l’arbitrage français, puisqu’après avoir refusé d'arborer sur leurs maillots le logo de la Ligue, neuf des dix arbitres ayant officié lors de la 3e journée de L1 ont refusé de signer les feuilles de match comme le règlement les y oblige pour homologuer le résultat d'une rencontre. Retour en arrière.

Le rapport de Claude Colombo

L’affaire remonte au mois de septembre 2008. A l’époque, le quotidien Nice-matin dévoile l’existence d’un rapport secret sur les erreurs d’arbitrages commises lors de la saison 2007-2008. Commandé par la Ligue présidée par Frédéric Thiriez et rédigé par le très expérimenté Claude Colombo (16 saisons et 262 matches arbitrés en L1), ce rapport prouve qu’avec 158 erreurs commises en une saison, les hommes en noir ont injustement influencé le résultat d’un match de championnat sur six! Une statistique catastrophique. Inutile de préciser que depuis, l'ensemble du corps arbitral exprime peu de considération à Claude Colombo, le félon de l’histoire.

"L’ingérence de la Ligue"

Ce même corps arbitral s'oppose donc aujourd'hui à la nomination de Claude Colombo en tant que représentant de la Ligue à la Direction nationale de l'arbitrage (DNA). Même si pour Hervé Piccirillo, arbitre en Ligue1 depuis plusieurs saisons, le désaccord viendrait pourtant d’ailleurs. Interrogé la semaine dernière sur les ondes de RMC, l’homme au sifflet a en effet déclaré: “On n’est pas sur un débat d’hommes mais sur un débat d’idées, à savoir la préservation de ce principe d’indépendance qui est un gage de garantie d’exercice de la mission de l’arbitrage. A travers le passage en force de la Ligue professionnelle, ce que nous craignons à travers l’ingérence, c’est que si demain la Ligue Professionnelle met la main sur la gestion quotidienne de l’arbitrage français, c’est l’équité même des compétitions qui est en jeu. Maintenant, c’est à la Ligue professionnelle d’apporter toutes les garanties et de rétablir la confiance avec les arbitres de l’élite“.

La réponse de Frédéric Thiriez ne s'est pas faite attendre: "si les arbitres veulent être respectés sur le terrain, qu'ils respectent eux-mêmes les règles, leurs obligations professionnelles et leurs institutions, qui ont pris la décision qu'ils semblent contester". Des déclarations qui vont dans le sens des états d’âmes de Jean-Pierre Escalettes, le président de la FFF, qui s’est dit “très déçu“ et regrette ces “querelles suicidaires“ dans une lettre adressée aux arbitres le 10 août dernier.

Au centre de la tornade qui secoue actuellement le football français, les arbitres semblent se retrouver dos au mur, seuls contre tous. Heureusement, le CSA a convié leurs représentants et les assistants du secteur professionnel à une réunion le 3 septembre prochain "pour dialoguer et rechercher une issue au conflit qui trouble le début de la saison". Si le niveau de l’arbitrage français pouvait en sortir gagnant…

 

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