OM-Atlético: interview exclusive d'un président en colère
Actualités / Football - le 07 novembre 2008 à 16h10
En exclusivité pour lesdessousdusport.fr, le président du HandiFan Club René Poutet nous livre sans concession son regard sur les incidents Atlético Madrid-OM et son appréhension pour le match retour.
Lors du “fameux match” Atlético Madrid - Olympique de Marseille (2-1) du 1er octobre dernier, la police espagnole s'en était violemment prise aux supporteurs olympiens et notamment à plusieurs handicapés, suscitant une vague d'indignation qui depuis s'est essoufflée avec l'affaire Santos.
Mais à l'époque, le site internet du quotidien Marca donnait une tout autre version de l'histoire: "Certains supporteurs ont fait semblant d'être forcés de se déplacer dans un fauteuil roulant pour se rapprocher de la pelouse. Durant les incidents, ils avaient abandonné leurs chaises roulantes". En exclusivité pour lesdessousdusport.fr, le président du HandiFan Club René Poutet revient sur les incidents du 1er octobre dernier au stade Vicente Calderon et les événements qui en ont découlé. Entretien
Lesdessousdusport.fr: M. Poutet, vous avez été entendu le 31 octobre par la commission d’appel de l’UEFA au sujet des incidents avant Atletico Madrid – Marseille. Racontez-nous.
René Poutet: J’ai été auditionné pendant une vingtaine de minutes en présence des représentants de l’Atletico Madrid. On m’a demandé ce qu’il s’était passé ce soir-là. J’ai raconté qu’on nous a jeté une bouteille de Coca pleine. Les supporteurs madrilènes nous faisaient des gestes obscènes. Ils faisaient mine de nous tuer aussi. A la mi-temps, un stadier nous a fait quitter les lieux. C’est bien que la sécurité s’est rendu compte que l’ambiance était malsaine. Ensuite, nous étions à un endroit sans visibilité sur le match. J’ai aussi expliqué à l’UEFA qu’au départ nous n’avions pas de places handicapés réservés! Nous étions derrière le but. Ceux qui n’étaient pas en fauteuil roulant étaient debout. Pourquoi nous faire payer 40 euros la place alors ?
Une association de handicapés espagnole (OID) vous accuse de mentir sur votre invalidité. Comment réagissez-vous ?
C’est farfelu. Nous étions quatorze membres du «HandiFan Club» présents au stade : six personnes en fauteuil, un non-voyant et six accompagnateurs. J’ai présenté sans qu’on me le demande les cartes d’invalidité à l’UEFA. Nous avons pris un avocat pour porter plainte contre cette association mais aussi contre l’Atletico Madrid et les médias espagnols comme Marca qui nous ont accusés d’être de faux handicapés. J’ai demandé des excuses pour passer l’éponge. Elles ne sont pas venues. Pour moi, c’est inacceptable qu’on mette en doute mes adhérents.
Quel regard portez-vous sur l’affaire Santos ?
En France, on ne sait pas se défendre. Quand on voit que le gouvernement espagnol et le Roi d’Espagne soutiennent l’Atletico Madrid et que nos politiques ne font rien, c’est scandaleux. On doit faire quelque chose. Je préconise le boycott des produits espagnols ! De toute façon, tous ces gens auront des comptes à rendre car ils veulent casser Santos. Il n’a rien fait.
Craignez-vous des incidents au match retour le 9 décembre ?
Malgré les appels au calme de Diouf et Gerets, ce match est très très dangereux. Certains sont déjà prêts. Ils les attendent. Depuis plusieurs semaines, je refuse de vendre des places car ce match est trop dangereux.


