NBA: Les blancs se refont une réputation
Actualités / Football - le 20 mai 2009 à 09h30
Les finales de Conférence NBA ont débuté la nuit dernière à Los Angeles. Des quatre équipes encore en lice, toutes ont un point commun: un joueur blanc qui se montre décisif.
La NBA reste le rêve de nombreux afro-américains qui y voient là, l'unique porte menant vers un avenir doré. Cependant depuis maintenant une bonne dizaine d'années, la ligue nord-américaine a ouvert ses frontières aux basketteurs de toute la planète avec un penchant prononcé pour les athlètes formés sur le Vieux Continent. D'où l'arrivée de nouveaux styles, de nouveaux profils de joueurs sur les parquets NBA qui amènent avec eux une multitude de stéréotypes dont celui d'athlètes doués mais au mental trop défaillant pour aller jusqu'au bout. En effet, Steve Nash ou Dirk Nowitzki, tous deux élus MVP de la saison régulière, n'ont jamais réussi à mener leurs formations respectives jusqu'au titre. Cette fâcheuse coïncidence a vite établi que les joueurs blancs, dans leur ensemble, ne seraient jamais de vrais leaders, mise à part l'exception Larry Bird, qui remporta trois titres avec Boston.
Une idée reçue qui pourrait peut-être bien disparaître cette saison, tant les caucasiens qui jouent sont bien représentés dans ces play-offs. À Orlando, Hedo Turkoglu, souvent décrié pour ses loupés en phase finale, semble avoir enfin franchi un palier. Lors de la manche décisive du second tour face au champion en titre, Boston, le Turc s'est offert l'un des meilleurs matches de sa carrière. Cumulant 25 points, avec une adresse affolante, et, surtout, 12 passes décisives, l'ailier floridien a prouvé qu'il était bien indispensable à son équipe. Et ce, lors de la rencontre la plus importante de la saison. Ce même dimanche de l'autre côté des Etats-Unis, Pau Gasol a également fait parler la poudre. L'Espagnol est un all-star indiscutable en NBA depuis plusieurs saisons déjà mais, lui aussi, souffrait d'une image trop tendre. À Los Angeles, il atteint un très haut niveau mais reste bien évidemment dans l'ombre de Kobe Bryant. Pourtant, c'est bien lui le héros du match 7 qui opposait les Californiens aux Houston Rockets. Avec 21 points et 18 prises au rebond, l'Ibère a survolé les débats, laissant au passage Kobe Bryant jouer le rôle du lieutenant. Une démonstration de force du pivot champion du monde qui arrive au moment le plus important pour son équipe. Très bon pour la confiance, ce match référence fera très certainement changer le regard de tous les observateurs sur les performances de Gasol, trop souvent mésestimé dans une Ligue qui ne manque pas de gros ego.
Les deux autres finalistes de Conférence, aussi, ont pu compter sur l'apport prépondérant d'un joueur blanc. À Cleveland, leader incontesté à l'Est, c'est l'inusable Zydrunas Ilgauskas qui s'est, une nouvelle fois, montré indispensable à son équipe. Toujours aussi atypique avec ses tirs longue-distance, le géant lituanien a largement dominé tous ses adversaires directs d'Atlanta et a parfaitement relayé son leader, Lebron James.
Même constat chez les Nuggets de Denver où Chris Andersen s'est démultiplié lors du second tour. Sa mission individuelle - stopper la star de Dallas, Dirk Nowitzki - fut la clé de la série pour celui qui est revenu en mars dernier d'une suspension de deux ans, pour consommation de stupéfiants. D'ailleurs, la seule victoire des Texans, avec 45 points de Nowitzki, est survenue...en l'absence de Andersen.
Les play-offs sont encore loin d'avoir livré leur verdict définitif et seront une nouvelle fois dominées par les grandes stars NBA que sont Lebron James, Dwight Howard et Kobe Bryant, tous afro-américains. Certes mais les leaders savent maintenant qu'ils peuvent compter sur tous leurs coéquipiers. Quelqu'en soit la couleur...


