fesses
> 30 juillet 2009 à 12h40
Avec 22 records du monde battus en quatre jours de compétition, les championnats du monde de natation de Rome sont en train d’atteindre les sommets du ridicule. Mais si la FINA assume ses erreurs et a déjà annoncé sa volonté d’interdire les combinaisons qui faussent la donne, elle ignore toujours les causes exactes de ce phénomène. C’est pourquoi une équipe de scientifiques a été spécialement engagée pour observer les corps des nageurs, à la recherche des bulles d’air cachées qui favorisent la flottabilité.
Depuis dimanche dernier, la piscine olympique de Rome sert donc de laboratoire d’essais à un groupe de scientifiques de l’Institut fédéral suisse de technologie. Chef de cette équipe, le professeur suédois Jan Anders Manson travaille depuis plusieurs mois avec la FINA. Ses précédents rapports ont d’ailleurs fortement influencé la décision du retour complet aux combinaisons en textile, prévu pour le 1 janvier 2010.
Genou, poitrine et colonne vertébrale pointés du doigt
Dans son expertise rendue à la FINA, Manson aurait clairement pointé du doigt les bulles d’air qui se forment entre la peau des nageurs et la combinaison. Sachant que les combinaisons Speedo, notamment utilisées par Michael Phelps, sont imperméables à 50% et attrapent moins d’air que les Jaked, Arena ou Adidas, totalement imperméables, et pouvant accumuler jusqu’à un litre de bulles d’air réparties sur tout le corps du nageur. Or, comme un litre d’air équivaut à une force de flottabilité de 10 newtons (*), ces combinaisons devraient être considérées comme illégales, en accord avec les normes imposées par la FINA.
Soucieuse d’aller au bout de ses études, l’équipe de scientifiques a décidé d’installer une caméra au bord de la piscine romaine pour scruter les corps des athlètes et vérifier où se logent principalement ces fameuses bulles d’air... Les recherches ont permis d'identifier trois zones bien précises : le pli du genou, la colonne vertébrale et, chez les femmes, la poitrine.
Aussi précieux soient-ils, ces rapports ne pourront malheureusement pas empêcher les nageurs d’enfiler leurs combinaisons “illégales“ à Rome. Apparues dès 1999, mais véritablement généralisées en 2008 avec le premier équipement (la LZR de Speedo) intégrant des plaques de polyuréthane, ces dernières ont contribué à raviver l’intérêt des sponsors et des téléspectateurs pour la natation, et ont finalement décrédébilisé les performances de Bousquet, Bernard et cie. Grâce aux études du professeur Jan Anders Manson, on connaît au moins les causes exactes du prochain retour aux combinaisons en textile.
(*) La force de flottabilité est égale au poids de l'eau déplacée. Le kilogramme étant une unité de mesure de la masse et non de la force, on calcule ici en Newton. Sur terre, une masse de 1 kilogramme équivaut à 9,8 Newtons.
Lire aussi:
Combinaisons: Leveaux et Mongel saisissent le TAS.
La fin des combinaisons.

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