Nantes: retour en enfer
Actualités / Football - le 24 mai 2009 à 13h00
Au lendemain de l'énième défaite du FC Nantes à Sochaux (2-1), les supporteurs ont manifesté leur colère au centre d'entraînement. Virtuellement en Ligue 2, le club canari a vraiment raté sa saison à tous les niveaux. Explications.
Il fallait, malheureusement, s'y attendre. La patience des supporteurs nantais, et particulièrement ceux de la Brigade Loire, a explosé, hier soir, après la 19e défaite de la saison. Ce matin, une cinquantaine d'entre eux ont débarqué à la Jonelière pour invectiver Waldemar Kita, président du FC Nantes, mais également les joueurs qui se sont faits copieusement insultés. Plusieurs cars de police ont empêché la situation de se dégrader. En ce 24 mai 2009, la tristesse est de mise à Nantes. Un an après son retour express dans l'élite, le club redescend illico presto en Ligue 2, un niveau qui, soit dit en passant, est resté le sien cette saison.
Cinq mois catastrophiques
Dix-neuvièmes de L1, le FC Nantes n'a plus rien à espérer de la 38e journée. Même en cas de victoire face à Auxerre, le club ne pourra pas revenir sur ses concurrents, la faute à une différence de buts largement négative (-22). Waldemar Kita et ses amis donneraient tout pour remonter le temps. Juste de cinq mois. En décembre dernier, lors de la 17e journée de L1 exactement, les Canaris étaient 16es au classement et venaient de battre le leader lyonnais (2-1) à la Beaujoire grâce à un doublé de l'énigmatique Ivan Klasnic. Pensant sûrement que le plus dur était fait, les joueurs ont enchaîné les désillusions lors de la deuxième partie de saison. Depuis la 19e journée, le FCN n'a gagné que trois rencontres. La défaite consternante concédée à domicile début mai face à la lanterne rouge havraise (1-2) a démoralisé un groupe déjà largement atteint.
Des mauvais choix constants
Pourtant, l'été dernier, Waldemar Kita pensait que la saison 2008/2009 allait être celle du renouveau. Sous la houlette de Michel Der Zakarian, le groupe nantais promettait d'être compétitif. Alonzo, Klasnic, R.Faty, Abdoun: ces joueurs de réputation devaient tirer l'équipe vers le haut. Après quatre matches, le constat est radicalement différent. Nantes est dernier, et Der Zakarian est viré. Malgré l'arrivée d'Élie Baup, rien ne tourne rond. Groupe peu soudé, insuffisances techniques, mental défaillant: sur le terrain, les prestations indigentes se suivent et se ressemblent. Le public de la Beaujoire n'est pas dupe et prévient, dès le début de l'année 2009, que la relégation leur pend au nez. "Nous allons descendre si les joueurs ne changent pas de mentalité. C'est un catastrophe de voir si peu d'entrain. Joueurs, dirigeants: bougez-vous, ou cassez-vous", prévenait Xavil76, sur l'un des forums de supporteurs.
À aucun moment, le sentiment de révolte n'a habité les protagonistes nantais. Malgré les déclarations optimistes ("on ne mérite pas d'être 18e", disait, notamment, Jérôme Alonzo), les joueurs n'ont jamais réussi à se transcender. À Lyon (0-2) ou à Sochaux (1-2), hier soir, l'équipe a paru convaincu qu'elle ne pouvait pas s'en sortir. Ce retour en Ligue 2 est une catastrophe industrielle. Kita, qui a investi plusieurs millions d'euros de sa poche, veut rester pour sauver les meubles. Mais, dans les prochains jours, les supporteurs canaris vont tout faire pour l'en dissuader.
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