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> 11 mai 2009 à 13h15

Par Stéphane POCIDALO

Nantes: 360 minutes pour vivre

Alors qu'il est au plus mal (joueurs démoralisés, supporteurs désespérés, président dépassé), le club nantais a encore quatre matches pour se maintenir en Ligue 1. En déplacement à Gerland demain soir, les Canaris vont devoir trouver une solution magique. Mais existe-t--elle vraiment?

En ce moment, Waldemar Kita et ses amis donneraient tout pour remonter le temps. Juste de cinq mois. En décembre dernier, lors de la 17e journée de L1 exactement, les Canaris étaient 16es au classement et venaient de battre le leader lyonnais (2-1) à la Beaujoire grâce à un doublé de l'énigmatique Ivan Klasnic. Mais que cette période doit paraître lointaine aux protagonistes nantais... Depuis huit jours, les hommes d'Élie Baup s'entraînent à la Jonelière dans une ambiance macabre. La défaite consternante concédée à domicile face à la lanterne rouge havraise (1-2) a démoralisé un groupe déjà largement atteint. Dix-huitième de L1, le club est au bord de l'implosion. Demain, à Lyon, il abattra l'une de ses dernières cartes.

À première vue, il faudrait que les joueurs nantais prennent une potion magique pour espérer faire un résultat face à une équipe lyonnaise certes en fin de règne, mais qui veut gagner la course à la troisième place. À écouter Élie Baup, il ne s'agit même plus d'adopter la méthode Coué. "Je pense que ce groupe peut faire mieux, confie-t-il sur le site officiel du FC Nantes. C'est ce qui me marque. Quelle que soient nos difficultés actuelles, on a la possibilité de se sauver avec ce groupe." Mais comment? En adoptant une tactique frileuse, avec un seul attaquant? En continuant à aligner un système défensif aussi friable que de la terre battue? En tout cas, l'ancien entraîneur toulousain va devoir trouver une équipe capable de secouer la défense rhodanienne sans prendre l'eau dans le même temps.

Mercredi soir, les autres concurrents à la course au maintien auront des rencontres plus évidentes à disputer. Si Saint-Étienne (au Havre), Sochaux (face à Monaco) et Caen (à Rennes) s'imposent, le FC Nantes pourrait carrément mettre un genou et demi à terre. Ce qui entraînerai, encore plus, le courroux des supporteurs nantais. Ces derniers ne savent plus comment manifester leur tristesse. Chaque week-end, il sont de plus en plus nombreux à déserter la Beaujoire, un lieu où l'ennui s'est (presque) toujours invité. La faute, en partie, à un président de Nantes incapable d'offrir un spectacle convenable, que ce soit en Ligue 1 ou en Ligue 2. Waldemar Kita, qui ne sait plus quoi faire, a montré son impuissance en se mettant en exergue samedi dernier, au Stade de France. Présent à Saint-Denis pour assister à la finale de la Coupe Gambardella, le président a été pris à parti par quelques supporteurs. Sous les vivas de la foule ("Kita dégage! Kita dégage!"), l'homme d'affaire s'est approché de l'un de ses fans et a failli lui asséner un coup de tête, s'arrêtant finalement à quelques millimètres du nez de celui-ci. "Il ne faut pas en faire un drame", a-t-il déclaré après coup. Mais le "drame" justement, c'est de ne plus se rendre compte ce qui est grave ou pas. Si le club redescend en Ligue 2, Waldemar Kita aurait tout intérêt à quitter un club qui ne lui réussit guère.

Voir la vidéo de l'altercation entre Waldemar Kita et l'un des supporteurs nantais.

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