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Hurtis Hurtis

> 09 septembre 2009 à 15h15

Par Thomas HETEAU

Muriel Hurtis-Houairi: "Ce sont des instants volés"

Ce soir, dans le cadre du DécaNation au stade Charléty, Muriel Hurtis-Houairi et Marc Raquil recevront leurs médailles définitives des Mondiaux 2003, suite au déclassement pour dopage d'un de leurs concurrents. Une médaille qui laissera un goût amer à la Française.

C’est une cérémonie un peu particulière à laquelle assistera ce soir le public du stade Charléty. À l’occasion du DécaNation, des représentants de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) remettront à deux athlètes français des médailles datant de…2003. Troisième de la finale du 400m aux championnats du monde de Paris, Marc Raquil se verra remettre la médaille d'argent après la disqualification de l'Américain Jerome Young. De son côté, Muriel Hurtis-Houairi, 2e du 200 m des Mondiaux en salle de Birmingham, va recevoir l'or qui a été retiré à l'Américaine Michelle Collins, convaincue de dopage dans l'affaire Balco. Une récompense qui arrive "un peu trop tard" pour la sprinteuse française.

Lesdessousdusport.fr : Quelle impression cela fait-il de devenir championne du monde 6 ans après?
Muriel Hurtis
: Quand on m’a dit ça, j’ai dit "tant mieux". Mais franchement, six ans après, c’est un peu ridicule. Ce sont des moments à vivre le jour même. Cette médaille aura un goût amer.

Un peu frustrant…
C’est un peu spécial pour moi car je "gagne" l’or. Mais je n’ai pas pu vivre tout ce qu’un titre engendre. Le podium, la Marseillaise… Ce sont des moments que je ne vivrais pas, des instants volés. Sur le papier, c’est bien, mais ce n’est pas une médaille comme les autres. Je serais présente ce soir car, après tout, je le mérite. Je ne l’ai pas volée cette médaille, mais ce ne sera pas une grande joie. Même si c’est toujours bien de restituer les médailles en cas de dopage, six ans après, c’est trop tard. D’autant plus que ce n’est pas ma première médaille sur tapis vert.

C’est-à-dire ?
J’en suis à ma quatrième. J’ai récupéré le bronze du 200 m des Mondiaux 2003, l’argent des championnats du monde en 2001 et encore le bronze avec le relais 4x100 des Jeux de Sydney en 2000. Autant de podiums et de moments que je n’ai pas vécus à l’instant T. Ça commence à faire beaucoup.

Vous avez raté votre sélection pour les Mondiaux de Berlin cet été. Cette médaille pourrait vous apporter une nouvelle motivation ?
La motivation est toujours là, cela ne va rien changer. C’était juste une année sans, c’est tout. Mais l’année prochaine, je serais présente.

L’IAAF a récemment indiqué que les cinq médailles remportées aux Jeux olympiques de Sydney par Marion Jones pourraient être réattribuées d'ici le mois d'octobre. Est-ce important pour vous ?
C’est bien de le faire car la plupart du temps, les athlètes se disent qu’ils ne les auront pas. Très souvent, c’est juste écrit sur le papier. Donc oui, je trouve ça bien. Mais là encore, c’est un peu tard.


 
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