Mourinho, une affaire d'État
Actualités / Football - le 06 mars 2009 à 12h50
Depuis dimanche dernier, José Mourinho, l'entraîneur de l'Inter Milan, est plongé au coeur d'un tourbillon médiatique d'une rare violence. Alors qu'il devrait être suspendu par la Fédération italienne pour des propos "injurieux", son équipe commence à sérieusement flancher. Les prochains jours s'annoncent brûlants...
L'histoire idyllique qui liait José Mourinho à l'Inter Milan est en train de mal tourner. Déjà parce que les résultats obtenus par le "Special One" déçoivent, mais également parce qu'il vient de se mettre tout l'Italie du football à dos. Si bien que, ce matin, le principal quotidien sportif, la Gazzetta dello Sport, indique que l'heure de vérité est proche. Le verdict tombera lieu jeudi prochain, au lendemain du match Manchester United FC - Inter Milan, rencontre (plus que) décisive pour l'avenir de Mourinho.
Ses résultats inquiètent
Mercredi soir, lors de la demi-finale aller de la Coupe d'Italie, la Sampdoria a infligé à l'Inter sa plus lourde défaite de la saison (3-0). Un véritable "camouflé" (dixit les médias italiens) pour l'équipe de Mourinho qui, même si elle évoluait sans tous ses titulaires, semble incapable de trouver un fond de jeu. Le technicien ne cache pas, d'ailleurs, son inquiétude mais il a indiqué que "le match le plus important de la semaine aura lieu samedi, face au Genoa." Trois soucis récurrents sont pointés du doigt par les observateurs italiens: les premières mi-temps "offertes" aux adversaires, la gestion de l'effectif de Mourinho et la régression au niveau du jeu. Ce constat est valable pour les dernières sorties des Nerrazzuri, notamment en Serie A où les prestations sont particulièrement médiocres. Résultat: alors que toute l'Italie pensait que le championnat était plié, la Juventus Turin, à 7 points du leader interiste, revient fort et pourrait rafler la mise en fin de saison.
Si José Mourinho était attendu comme le "messie" l'été dernier par ses dirigeants, c'est parce qu'il possède un CV conséquent au rayon "Coupe d'Europe". L'Inter veut, à tout prix, se qualifier pour la finale de la Ligue des Champions, chose que le club n'arrive plus à faire depuis plus de 40 ans. Mais, le match aller des huitièmes de finale contre Manchester United (0-0) a déçu. Pour expliquer la faible prestation de ses protégés, Mourinho a déclaré, après le match que "si nous avons un arbitre qui protége l'équipe visiteuse (à Old Trafford), nous irons en quarts de finale." Pourtant, ce n'est pas à cause du corps arbitral que l'Inter peine en Coupe d'Europe...
Un dérapage verbal comme moyen de pression
En attendant le match retour à Old Trafford (prévu mercredi prochain), José Mourinho a d'autres soucis à régler. Adepte des petites provocations qui ont toujours fait les choux gras des médias, le technicien portugais a frappé fort, lundi dernier. Ulcéré par les commentaires romains (notamment à cause d'une erreur d'arbitrage sur un penalty pour l'Inter) qui ont suivi le match face à l'AS Roma (3-3), il a décidé de s'en prendre à tout le monde. "C’est de la prostitution intellectuelle et cela me déplaît fortement, a-t-il expliqué en conférence de presse. Depuis plusieurs jours, l’opinion publique est manipulée et hormis le penalty de Balotelli, rien d’autre n’a été évoqué. On s’en prend à l’Inter, mais personne n’a parlé de la Roma qui finira la saison sans titre. Personne n’a parlé du Milan qui finira également la saison sans titre. Et personne n’a parlé de la Juve qui a remporté tant de points cette saison grâce à des erreurs d’arbitrage "
On peut appeler cela un dérapage verbal "contrôlé". Évidemment, il risque une suspension de la Fédération italienne qui s'est immédiatement saisie du dossier. Mais ces déclarations doivent servir, selon sa logique, à protéger son groupe et à prouver aux yeux de tous que ses joueurs peuvent gagner le championnat ou la Ligue des Champions malgré l'adversité. Depuis lundi dernier, de nombreux joueurs se sont plaints de ses propos, comme Gianluigi Buffon, le portier de la Juventus, qui a dit qu'il se "ridiculisait complètement", ou Paolo Maldini, le vétéran du Milan, qui rappelle que "même s'il gagne le championnat, il aura du mal à remporter cinq titres, comme moi..."
Bref, Mourinho aime les situations à risques. D'ici jeudi prochain, le scénario va atteindre son climax. Une qualification face à Manchester serait synonyme d'"exploit". En revanche, une défaite et le Portugais serait sur la sellette. C'est cruel mais, en même temps, on ne le surnomme pas le "Special One" pour rien...
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