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qui ne saute pas... qui ne saute pas...

> 15 mai 2009 à 15h55

Par Stéphane POCIDALO

Lyon: "Qui ne saute pas..." ne vaut pas un clou

Depuis 2001, les supporteurs de Gerland chantent, à l'unisson, le célèbre hymne "Qui ne saute pas n'est pas Lyonnais". Mais cet hymne a fait l'objet d'une marque déposée par un entrepreneur. Après un passage au tribunal, le propriétaire a voulu, hier, vendre son slogan aux enchères. Résultat: zéro euro... Récit.

L'histoire de Julien Koré aurait pu être belle. On dit souvent que si un produit ou une idée est bonne, alors le public suit. C'était son cas. Comme le rapporte le quotidien Le Progrès, ce Lyonnais qui vit dans le quartier de Perrache flaira le bon coup lorsqu'en 2001, il déposa la marque "Qui ne saute pas n'est pas.." Un slogan bien pensé qu'il souhaitait développer pour des marques de vêtements, des bouteilles d'eau minérale. Malheureusement pour lui, faute de moyens financiers, l'entrepreneur fut placé, en 2005, en liquidation judiciaire. Entre-temps, du côté de Gerland, les supporteurs lyonnais ont célébré, chaque année, le titre de champion de France. Au son d'un hymne désormais célèbre: "Qui ne saute pas n'est pas Lyonnais."

Les dirigeants lyonnais, en pleine euphorie, décidèrent alors de commercialiser un disque en enregistrant le chant. Julien Koré, qui souhaitait à l'origine négocier à l'amiable avec le club de football, porta plainte. Après cinq années d'une longue procédure, le jugement donna raison aux deux parties. En janvier dernier, le tribunal ne sanctionna pas l'OL pour "contrefaçon", mais reconnut la validité de la marque déposée par l'entrepreneur local. Quelques semaines plus tard, afin de pouvoir récupérer une somme d'argent, l'étude Sabourin, le liquidateur judiciaire propriétaire de la marque, lança une vente aux enchères. Cette dernière s'est tenue hier, chez Maître Anaf.

Visiblement, aux yeux du liquidateur, la marque "Qui ne saute pas n'est pas…" a beaucoup de valeur. Sa mise à prix est assez conséquente: 100 000 euros. Non négociable. Dans la salle de vente, l'ambiance est tout autre. Quasiment aucun acquéreur potentiel ne s'est déplacé. "C'est une marque célèbre que tout le monde connaît. Et comme vous pouvez récupérer la TVA sur le montant de l'adjudication, c'est une très bonne affaire", lance, pourtant, le commissaire-priseur au début de la vente. Cinq minutes plus tard, le silence est rompu. La marque n'a séduit personne. Pas même une mouche. En même temps, il fallait peut-être s'y attendre. Vendre cette marque au moment où l'Olympique Lyonnais est quasiment assuré de ne pas glaner un nouveau titre national, c'est osé...

 

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