Les Brésiliens s'exportent bien
Actualités / Football - le 23 décembre 2008 à 17h00
En 2008, 1176 footballeurs brésiliens ont été transférés à l’étranger, soit le plus grand total jamais atteint dans l’histoire ‘auriverde’. Cette situation interpelle les plus hautes instances brésiliennes, qui cherchent à endiguer la fuite des talents.
Le Brésil est plus que jamais devenu une source intarissable de petits prodiges du ballon rond, appelés à émigrer vers d’autres horizons, pour voir si l’herbe des pelouses est plus verte ailleurs.
Un rapport chiffré de la Confédération brésilienne de football (CBF), cité par le quotidien As, révèle ainsi l’ampleur et le développement constant de ce phénomène. Le nombre de Brésiliens transférés à l’étranger est passé de 851 en 2006 à 1176 en 2008, soit une augmentation de 38% en à peine deux ans. La plupart d’entre eux prennent le large afin de rejoindre l’Europe, destination rêvée pour tout footballeur ambitieux. Le Portugal, avec 209 Brésiliens accueillis cette année, peut être considéré comme le point d’ancrage des ‘Auriverde’ sur le Vieux Continent. Suivent ensuite l’Allemagne (58), l’Italie (53), la Suisse (46) et l’Espagne (34). Faute de mieux, les autres choisissent l’Asie (222), l’Amérique du Sud (105) ou du Nord (69), et enfin l’Afrique (15).
Les raisons de cette vague d’émigration paraissent évidentes. Le rapport pointe en effet les carences économiques des clubs brésiliens, impuissants face aux salaires mirobolants offerts aux joueurs par leurs homologues européens et asiatiques. Cela profite qui plus est aux agents de joueurs, qui perçoivent sur les transactions de généreux pourcentages. Face à cette situation, le Gouvernement tente bien de réagir. Il vient ainsi de présenter un projet de loi visant à imposer une limite d’âge (16 ans) avant la signature de tout contrat pro. Cette loi complète les dispositions jugées insuffisantes de la ‘Loi Pelé’ (2001), et encadre plus strictement les conditions de la formation.
Certes, les clubs brésiliens seront protégés plus longtemps des griffes du 'foot business'. Mais cela ne fera sans doute que retarder l’échéance. Quand un Brésilien de 14, 16 ou 18 ans quitte le bercail pour tenter l’aventure en Europe, il n’y revient souvent pas avant la pré-retraite. L’exemple Ronaldo résume à lui seul cet état de fait.


