Le XV espagnol compte sur ses Français pour le Mondial 2011


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Le XV espagnol compte sur ses Français pour le Mondial 2011

Actualités / Rugby - le 18 novembre 2008 à 17h00

Par Georgia DIAZ

équipe espagne rugby

Ce week-end, le XV espagnol s'est imposé face à l'Allemagne à Madrid (22-11). Avec cette première victoire en championnat européen des Nations, l'Espagne peut continuer à rêver d'une qualification pour le Mondial 2011, objectif affiché des nombreux Français qui composent l'équipe.

Mathieu Gratton, 27 ans, demi d'ouverture au Sporting Club Graulhetois... Julien Tourtoulou, 25 ans, troisième ligne à Colomiers. Tous deux sont français et tous deux sont internationaux espagnols (respectivement 7 et 6 capes). Ils ne sont pas les seuls d'ailleurs. Curieux et pourtant! L'équipe d'Espagne intègre de nombreux joueurs étrangers, notamment français. Un grand-père espagnol ou 36 mois de résidence en Espagne, sans cape internationale dans son propre pays: il n'en faut pas plus à un Néo-Zélandais, un Écossais ou un Français, donc, pour devenir membre de la sélection. La Fédération espagnole a même publié une annonce dans le Midi Olympique pour séduire de nouvelles recrues.

Première sélection le 15 août 2007 au Chili
Selon Julien Tourtoulou, plusieurs joueurs se sont manifestés tout récemment dont un pilier de Bordeaux qu'il connaît. Lui a su par le bouche à oreille qu'il pouvait être sélectionnable. Son grand-père était né en Espagne, et avait vécu là-bas avant la Guerre Civile (1936-1939) et l'exil en France. C'est d'ailleurs à son aïeul que le troisième ligne columérin a donné son premier maillot espagnol. "Je me suis rendu au consulat, avec mon livret de famille, pour faire établir que mon grand-père qui a la double nationalité était bien le père de ma mère. J'ai envoyé ces papiers et un CV sportif au sélectionneur. Deux jours après, je partais en tournée en Amérique du Sud", explique-t-il. Première sélection le 15 août 2007, face au Chili. Idem pour Mathieu Graton dont le grand-père était né à Madrid.

Formé à Castres où il a évolué jusqu'au niveau Reichel, le demi d'ouverture est, désormais, un fier international espagnol. Pour son grand-père qui n'a "malheureusement jamais pu le voir jouer", pour sa famille et pour lui. Comme la majorité de ses co-équipiers, il n'est pas professionnel et pose ses congés pour rejoindre la sélection. "Le niveau international fait progresser, même si on est un cran en dessous du niveau français. Pour ceux qui veulent se professionnaliser, cela peut être une expérience enrichissante", confie-t-il. "On voyage beaucoup, ce n'est pas le but premier mais c'est sympa", ajoute Julien Tourtoulou. Lui qui a été formé à Foix et évolue depuis huit ans à Colomiers a également profité de ses sélections pour découvrir "l'entraînement british". 

Il faut dire que depuis 2004, l'Anglais Ged Glynn est entraîneur national espagnol. "Un sacré mélange" plaisante Mathieu Gratton. "Le coach parle anglais ou français et on traduit en espagnol ou en français. Mais on se comprend tous". Et pour le coach, ce n'est pas ce joyeux capharnäum linguistique qui empêche le groupe de progresser. Même si le niveau de la sélection se rapproche de celui de la Pro D2, selon le pensionnaire columérin, rien n'empêche de viser la qualification à la Coupe du monde 2011.

"Il y a un potentiel énorme ici"
"L'objectif, c'est la qualification à la Coupe du monde 2011. Face à la Russie (défaite 42-15, le 8 novembre dernier ndlr), on n'a pas fait un grand match. Il faisait froid et notre esprit n'était pas trop chaud. Il y a eu du mieux face à l'Allemagne, ce week-end (22-11, ndlr). Le problème c'est qu'on ne voit pas assez les joueurs. On n'a pas les moyens de les regrouper souvent. On a eu trois jours de stage avant les matches de novembre. C'est peu...", regrette Glynn. Peu et assez pour nourrir de grands rêves! "L'Espagne est un grand pays sportif. Le foot, bien sûr, mais aussi le basket, le handball, le golf ou le tennis ont beaucoup progressé, ces dernières années. Il y a un potentiel énorme ici, donc mon boulot est intéressant", ajoute le coach. Et Julien Tourtoulou de poursuivre: "Je n'ai pas de regret pour l'équipe de France. Je suis Français avant tout. Mais quand je joue pour l'Espagne, je donne tout. La Coupe du monde, ce serait un rêve!"

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