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> 09 juin 2009 à 10h15

Par Georgia DIAZ

Le grand déballage de Bernhard Kohl

Dans une interview accordée à L'Équipe, Bernhard Kohl raconte dans le détail le dopage qu'il a pratiqué durant le Tour de France 2008. "J'ai la conviction que les dix premiers auraient pu être positifs", lance le cycliste autrichien qui a récemment mis un terme à sa carrière.

Contrôlé positif à l’EPO-Cera en octobre 2008, Bernard Kohl (27 ans), le meilleur grimpeur du dernier Tour de France, avait été déchu de sa troisième place et suspendu deux ans. Le 25 mai dernier, il mettait un terme à sa carrière, après avoir avoué qu’il avait commencé à se doper dès ses 19 ans. Et que sans dopage, il ne pouvait pas continuer... L'ancien coureur de la Gerolsteiner en profitait alors pour mettre en cause l’efficacité des contrôles et déclarait vouloir désormais faire de la prévention auprès des jeunes. Des propos qu'il réitère, aujourd'hui, dans L'Équipe. Interviewé par Damien Ressiot, le cycliste balance et dit tout sur le système qu'il avait mis en place avec son manager pour se doper lors de la dernière Grande Boucle. 

Extraits:

Sur le Tour 2008: Le manager, à qui Bernard Kohl reversait 10% de ses gains, "a effectué trois fois le voyage d'Autriche, en avion. Il décongelait le sang là-bas, le transportait conditionné dans la soute et l'amenait à l'hôtel" pour des transfusions opérées entre 18 et 20 heures. "Je disparaissais vingt minutes, pas plus. Personne ne remarquait rien. (...) Bizarrement, nous n'avons été que trois à plonger. J'ai la conviction que les dix premiers auraient pu être positifs. C'est tombé sur moi, tant pis. Je n'ai pas demandé de contre-expertise: cette mascarade était terminée."

Sur la Gerolsteiner: "Il n'y avait pas de dopage systématique dans l'équipe, c'est sûr. Je pense néanmoins qu'ils devaient avoir une certaine intuition de ce qui se pratiquait mais je ne peux l'affirmer."

Sur la lutte anti-dopage: "Les coureurs au top sont tellement pros dans leur dopage qu'ils savent pertinemment qu'il leur faut garder des valeurs sanguines stables pour échapper au ciblage. Or, l'UCI nous envoyait systématiquement les valeurs relevées lors des contrôles inopinés: on se référait donc à celles-là pour étalonner les suivantes. A la limite, le passeport nous aidait presque."

 

Voir aussi:
Le Tour et le dopage: une affaire qui roule.

Dopage sur le Tour: les dessous de la chasse au scoop.


 
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