Le buzz de la semaine: Jérome Rothen
Médias / - le 29 novembre 2008 à 11h00
Cela fait longtemps que Jérôme Rothen n'a plus fait se lever le public du Parc des Princes. Pourtant, tout le monde parle de lui. Le Parisien a été la cible de plusieurs attaques.
Les supporteurs parisiens lui pardonnent ses contre-performances actuelles. Ils préférent se souvenir du guerrier qui "mettait les …… sur le terrain" selon ses propres termes lors des deux dernières saisons de vaches maigres. Mais d’autres lui mènent la vie dure. Cette semaine, William Gallas et Michel Moulin s’en sont pris à lui. Le défenseur d’Arsenal vient de perdre son brassard et subit les foudres de la presse anglaise depuis la sortie de sa biographie. Michel Moulin a du mal à remplir son objectif : créer un nouveau quotidien sportif digne de ce nom et viable économiquement. Mais ces deux capitaines en difficulté ont trouvé les ressources nécessaires pour pondre deux missives.
Gallas a ainsi déclamé un petit poème de Jacques Prévert pour répondre aux attaques de Rothen qui dans son livre expliquait les difficultés scolaires du gunner. Pendant "Le grand journal" de Canal plus, Gallas a dit :
"Il dit non avec la tête.
Mais il dit oui avec le coeur.
Il dit oui à ce qu'il aime.
Il dit non au professeur.
Il est debout.
Et tous les problèmes sont posés.
Soudain le fou rire le prend.
Et il efface tout.
Les chiffres et les mots.
Les dates et les noms.
Les phrases et les pièges.
Et malgré les menaces du maître.
Sous les huées des enfants prodiges.
Avec des craies de toutes les couleurs.
Sur le tableau noir du malheur.
Il dessine le visage du bonheur".
Comme souvent en poésie, le lecteur reste sans voix. Gallas n’était pas footballeur avant ?
Michel Moulin a lui aussi pris la plume. Il avait pris soin de la tremper dans un encrier débordant de rancœur. En se servant de la "merveilleuse" tribune que lui offre Le 10 Sport, Michel a écrit dans un édito daté du 25 novembre :
"À force de se mêler de tout et de parler sur tout, M. Rothen commence à lasser et à agacer. Il écrit un livre où il ne respecte rien, bave sur ses camarades et passe plus de temps à parler qu’à jouer. On entend même dire dans le vestiaire parisien que les dernières mésaventures de Sessegnon seraient arrivées dans la presse par le biais de ses indiscrétions.
Vrai ou pas, il récolte ce qu’il a semé et l’on attend autres choses d’un footballeur international. Mais il est encore un footballeur, il tonne, il peste, il rage, il invective. Mais à regarder ses matches, il dort sur la ligne. Quand les autres souffrent sur le reste du terrain. Il me fait penser à un autre ailler de l’époque pour qui l’aire de jeu se résumait à un couloir.
C’est trop facile de lever les bras vers les tribunes quand l’équipe gagne et se manifester dans les livres quand on perd. C’est trop facile de provoquer les Lyonnais pendant une heure au point qu’Armand en bon copain, doit se sacrifier pour faire face à des Lyonnais énervés par les provocations et le cinéma de M. Rothen.
Un grand joueur ne simule pas, un grand joueur va au combat, un grand joueur ne râle jamais. Un grand homme ne parle pas de ses pairs surtout quand ils sont plus grands et plus forts que lui. Et si vous vous mettiez à jouer au football M. Rothen !"
Ce n’est pas la première fois que Michel moulin s’attaque au milieu parisien. Bien sûr, Jérome Rothen est un joueur qui ne laisse pas indifférent. On peut lui reprocher des relations trop étroites avec le groupe Amaury, éditeur du quotidien "L'Equipe" et de sa biographie. Malgré de mauvais matches, le joueur a toujours des notes correctes dans l’Equipe. Mais cet édito dépasse l’entendement.
Michel Moulin a oublié qu’il partageait quelque chose de fort avec Jérome Rothen. Les deux hommes sont amoureux de Paris. Et c’est sûrement parce que Moulin n’a pas duré au PSG qu’il a la rancœur si tenace. William Gallas aussi est en adéquation avec le milieu parisien. Dans leurs biographies, les deux joueurs ont refusé la langue de bois. Ils ont participé à l’écriture de deux bons livres. Il n’y avait pas de quoi en faire tout un poème.









