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> 26 septembre 2008 à 16h15

Par Stéphane POCIDALO

La révolution Platini est en marche...

Nommé à la tête de l'UEFA en janvier 2007, Michel Platini tient ses promesses. Sa candidature était fondée sur des vertus de solidarité et d’universalité. Résultat: le championnat d'Europe des nations passera de 16 à 24 équipes dès 2016. La Coupe UEFA se nommera dorénavant Europa League. Mais est-ce vraiment révolutionnaire?

Michel Platini a, donc, tenu ses engagements. Tel un homme politique, l'ancien sélectionneur des Bleus avait décrété l'universalité du football comme la priorité absolue de son mandat à la tête de l'UEFA. Et si sa volonté de promouvoir les "petits" pays lors des grandes compétitions européennes a fait grincer de nombreuses dents, l'homme va jusqu'au bout de ses idées comme le prouve les dernières décisions annoncées à Bordeaux, lieu où le comité directeur de l'UEFA est réuni cette semaine.

Ce dernier a pris deux grandes décisions: la première est de faire passer le nombre d'équipes de 16 à 24 lors des phases finales du championnat d'Europe des nations en 2016; la deuxième étant de changer la terminologie de la C3, ou Coupe UEFA, par Europa League dès l'année prochaine. La compétition conservera son format avec une phase de poules, mais passera de 40 à 48 équipes. Platini est ravi, comme il l'a confié à l'agence Reuters. "Ces changements vont bonifier cette compétition historique, très importante pour l'UEFA et pour le football européen, puisqu'elle va concerner plus de fans, plus de joueurs et plus de clubs. Je suis convaincu que ce nouveau format donnera à l'UEFA Europa League un nouvel élan de succès".

Si la révolution Platini est en marche, on doute, cependant, de sa finalité. Certes, l'Europa League va favoriser sa commercialisation, notamment auprès des diffuseurs TV, puisque la compétition va concerner encore plus de pays. De plus, cette nouvelle dénomination est plus clinquante, faisant directement le pont avec la "Champions League". Mais cette décision enterre, pour de bon, l'histoire de la Coupe UEFA, vieille de 37 ans. Concernant la réforme de l'Euro de football, on se pose la question suivante: comment l'Angleterre, ou les autres grosses nations, pourraient ne pas passer la phase des éliminatoires, et donc rater le wagon de la phase finale? Avec huit équipes en plus, l'UEFA offre, certes, de nouvelles chances aux pays émergents, mais elle garantit, surtout, de juteuses sommes d'argent concernant les rencontres des phases finales. Car les médias ont, désormais, la garantie de diffuser les grandes équipes nationales tous les quatre ans. Une révolution, certes, mais le business avant tout.

Souhaitons, tout de même, bonne chance aux clubs français engagés, cette saison, en Coupe UEFA. Car, si quelqu'un souhaite inscrit, un jour, ce trophée à son palmarès, c'est l'année ou jamais...


 
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