Bernard Laporte
> 11 décembre 2008 à 15h45
Fin novembre 2008, Bernard Laporte se rend en Grande-Bretagne afin d’y examiner les raisons du spectaculaire rebond des Britanniques aux Jeux olympiques de Pékin, quatrièmes au tableau des médailles. Objectif : s’inspirer du modèle anglo-saxon pour lancer sa réforme du sport de haut niveau tricolore. Car pour le secrétaire d'État, la France, confronté à la compétitivité de certaines nations, a "le choix du déclin ou celui de l'ambition".
Pressé par Nicolas Sarkozy, qui souhaitait "voir pourquoi dans certains sports on a eu des difficultés et changer nos méthodes et notre approche", Bernard Laporte a dégagé plusieurs priorités dans son plan.
Premier point, la "création d'infrastructures d'excellence" qui répondent au "besoin d'un Harvard du sport". Le Campus olympique et sportif français (COSF) remplacera l’Institut national du sport et de l’éducation physique (INSEP) à la rentrée 2009 et changera de statut pour devenir un "Grand Établissement", sur le modèle des grandes écoles. "Un campus de l'excellence sportive, unique en Europe, où les entreprises comme les chercheurs doivent avoir leur place", a expliqué l’ancien capitaine du XV de France. Le COSF bénéficiera d'environ 200 millions d’euros d'investissements de l'État.
Une réforme qui s'accompagnera d'une réduction du nombre des CREPS, les centres régionaux d'éducation populaire et de sport, remplacés par des campus régionaux "plus performants, dotés d'infrastructures dignes de ce nom et tournés véritablement vers l'excellence et les résultats".
Autre aspect de cette réforme, la notion même de "haut niveau", largement recentrée sur une élite. Aujourd'hui, 15000 sportifs français sont inscrits sur listes ministérielles de haut niveau. Inspiré par le modèle anglais, le ministre propose de réduire de deux tiers cette population pour "se concentrer sur nos réelles chances de médailles".
Enfin, le MEDEF a également été consulté pour imaginer l’implication d’entreprises du secteur privé dans le sport de haut niveau. Une mesure qui fait débat. "La privatisation de ce secteur avec son cortège de suppression de postes et de formations, d'initiatives liées au sport pour le plus grand nombre, ne correspond en rien aux envolées lyriques du candidat à la présidence de la République (Nicolas Sarkozy) qui avait voulu faire croire que le sport allait connaître un nouveau dynamisme", a regretté le syndicat national de l'éducation physique et de l'enseignement public. L'ancienne ministre des Sports communiste Marie-George Buffet s'est elle aussi indignée, dénonçant une décision qui "entérine la nouvelle politique sportive qui se met en place basée sur l'élitisme, le désengagement de l'Etat et le transfert vers les collectivités territoriales et la privatisation de la formation."

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