"La France ne mérite pas Ben Arfa"
Actualités / Football - le 03 décembre 2009 à 14h03
D'ordinaire, on conseille aux jeunes joueurs talentueux de ne pas quitter trop tôt leur pays de formation, histoire de ne pas se brûler les ailes. Ben Arfa n'aurait pas du écouter.
Le titre de cet article reprend une déclaration de Fahid Ben Khalfallah, tirée d'une interview au quotidien du Foot. Le joueur de Valenciennes explique à sa façon les difficultés d'Hatem Ben Arfa. Le Marseillais n'y arrive pas. Depuis son arrivée à la Commanderie, Hatem n'a pas réussi à confirmer les espoirs placés en lui. Parfois bon, souvent invisible, Ben Arfa n'a jamais brillé et semble même avoir regressé en comparaison de sa dernière saison avec le maillot lyonnais. En 2007-2008, il avait réussi des matches de très haute volée notamment au parc contre le PSG.
Pourquoi un tel talent se perd-t-il peu à peu? Et si l'explication de Ben Khalfallah n'était pas si mauvaise que cela. En effet, Hatem Ben Arfa, formé à l'INF Clairefontaine et très vite présenté comme la future star du football français n'a jamais pu évoluer sans une énorme pression médiatique dans l'hexagone. En décidant de perçer à Lyon, le joueur n'a peut-être pas choisi la facilité. Car, ici, tout le monde le connaît et a des attentes très fortes. En 2008, l'ancien Lyonnais expliquait qu'il avait été contacté par tous les plus grands clubs européens. "Il y a 5 ans, lorsque je suis sorti du centre de formation de Clairefontaine, Txiki Begiristain, le directeur technique du FC Barcelone, a négocié avec mon représentant. Il m'a fait une offre." Imaginez Ben Arfa répéter ses gammes avec Messi à la Cantera. Le Français aurait sûrement appris à faire des passes dans le club où le "toque" est roi. Il aurait également pu se rendre dans d'autres clubs. "Manchester United m'a fait envoyer un maillot signé par Ryan Giggs pour me convaincre. Et José Mourinho avait invité toute ma famille à visiter les installations de Chelsea".
Au lieu de cela, Ben Arfa est resté sagemment à Lyon, il s'est adapté petit à petit. Il est rentré en jeu de plus en plus souvent. Et à peine avait-il quelque peu prouvé qu'il a rejoint le club le plus médiatique de France. Là où personne n'attend pour vous juger. Aujourd'hui, le milieu offensif de l'OM s'est enlisé. Ses prises de becs avec l'encadrement, son caractère de cochon et ses performances vont peut-être pousser le clup phocéen à le placer sur le marché des transferts. Et si elle était là la solution. Ailleurs, dans un club et un pays, où il faudrait faire ses preuves, recommencer depuis le début. Si ce n'est pas dès cet hiver, il aura sûrement un jour l'occasion de prouver que "La France ne méritait pas Ben Arfa". S'il échoue, alors on pourra répondre à Fahid Ben Khalfallah que c'est "Ben Arfa qui ne méritait pas la formation française".


