Kaka: mise en scène signée Berlusconi


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Kaka: mise en scène signée Berlusconi

Actualités / Football - le 20 janvier 2009 à 11h00

Par Stéphane POCIDALO

kaka

La pièce de théâtre "Kaka à Manchester City?" a été un beau succès. Hier soir, vers 23 heures, c'est Silvio Berlusconi, le propriétaire du Milan AC, qui a annoncé à la télévision que son joueur restait en Italie. Mention spéciale à la mise en scène.

Cela n'aura duré qu'une semaine mais la pièce de théâtre "Kaka à Manchester City?" aura été un triomphe. Car, dans cette histoire, il n'y a que des gagnants. Le joueur, tout d'abord, qui a conclu la pièce par un vibrant: "J'ai fait ce que mon coeur m'a dit de faire." Quelques minutes plus tard, il brandissait à la fenêtre de son domicile son maillot du Milan. Le groupe de supporteurs, qui squattaient depuis plusieurs heures en bas de son immeuble, a vécu ce moment avec émotion. L'amour de Kaka pour le club lombard a pris le pas sur la dictature de l'argent. À coup sûr, le Brésilien va devenir à Milan ce que Totti est à Rome, c'est-à-dire une icône.

L'autre gagnant de cette "magnifique" morale n'est autre que Silvio Berlusconi, le propriétaire du club et le président du Conseil italien. Archi-expérimenté, il a orchestré ce vrai-faux transfert à la perfection. Lors du premier acte, il avait laissé entendre que le départ de Kaka était inéluctable. Pour un club aussi "modeste" que le Milan AC, récupérer la somme colossale de 120 millions d'euros de la part de Manchester City ressemblait à une aubaine. Hier, lors de l'avant-dernière scène, le transfert de l'ancien Ballon d'Or était presque acquis et le peuple milanais se préparait à vivre le départ du héros. Mais, Berlusconi n'est pas le patron de l'Italie pour rien.

Peu avant 23 heures, alors que les chaînes de télévision diffusaient leurs programmes habituels, "Magic Silvio" s'invita "à l'improviste" sur 7 Gold. Il a quelque chose de très important à dire: "Kaka, un homme exceptionnel, a refusé les offres de Manchester City, il a dit que l'argent n'était pas tout. Il privilégie l'amitié de ses partenaires du Milan, l'affection de notre public (...) Je suis heureux d'avoir maintenu ce joueur chez nous. J'insiste: sa décision est admirable." Alleluia! Alors que le directeur général de City, Gary Cook, avait fait une offre ferme de 130 millions d'euros au club italien et que ce dernier était prêt à l'accepter, le Brésilien, qui joue en Italie depuis 2003, a laissé "parler le coeur."

Au milieu de cette allégresse, on se demande jusqu'à quel point Berlusconi est prêt à aller pour populariser plus encore son club et sa personne. Car, si l'intérêt de City était bien réel, on ne peut que constater que ce soi-disant refus de dernière minute ressemble à un grand bluff. Dimanche dernier, déjà, un conseiller proche du propriétaire de City, le cheik Mansour, avait affirmé que ce transfert était irréalisable. "Ces informations sont absolument ridicules, si loin des standards, c'est irréel, a-t-il confié à l'hebdomadaire The Observer. Plus de 100 millions, en livres ou en euros, c'est ridicule." S'il était français, Berlusconi aurait reçu, à coup sûr, un Molière de la meilleure mise en scène.

 

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  1. parisiendunord le 20 janvier 2009

    c'est la comedia dell'arte Berlusconi connaît bien ses classiques!