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> 20 mai 2009 à 12h02

Par Pierre ORLAC'H

Juninho, la la la la la, Pernambucano

Samedi soir, Juninho foulera peut-être pour la dernière fois les pelouses de Ligue 1. L'occasion de rendre hommage au meilleur joueur du championnat de France de la décennie.

Qu’on ait aimé ou pas l’Olympique Lyonnais et ses sept titres de champions entre 2001 et 2008, on regrettera forcément le départ du plus fantastique tireur de coups-francs que la Ligue 1 ait jamais connu. 

Juninho Pernambucano. Personne ne sait réellement comment joue ce joueur. Il paraît qu’il joue milieu récupérateur. Avec son physique de garçon de café, on l’a souvent vu courir après la balle, les cheveux sales au vent, mais bon ce n’est pas Patrick Vieira non plus. Les statistiques disent pourtant qu’il est impliqué dans 40% des buts inscrits par l’OL depuis son arrivée. 40% des buts d’une équipe 7 fois championne de France et 7 fois 8e de finaliste au minimum en Ligue des champions. Ce n’est tout de même pas rien. 

Au fond peu importe comment il joue. Car au crépuscule de sa carrière lyonnaise, ce que l’on retiendra de Juninho ce sont ces buts et surtout ses coups-francs. Une centaine de buts et surtout une petite cinquantaine de coups francs tous plus beaux et vicieux les uns que les autres. En force, enroulés, flottants, vicieux avec un rebond juste devant le gardien, Juninho peut (pouvait ?) marquer n’importe comment et de n’importe où sur coup-franc, surtout en Ligue des champions. Nous avons tous en mémoire ses chefs d’œuvre inscrits contre les plus grands clubs européens, quand Lyon avec son milieu Diarra – Essien – Juninho faisait trembler l’Europe et collait des piquettes au Real de Madrid (3-0 en 2005) ou des 7-2 au Werder de Brême (2005) et au PSV Eindhoven (2006). 

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Si la France n’a pas totalement fait pitié sur la scène européenne lors de la dernière décennie, elle le doit en grande partie à Juninho. Et que dire du championnat de France où les genoux des gardiens tremblaient dès qu’ils voyaient le lutin lyonnais en position de frappe au-delà du rond central. Grâce au Brésilien, Lyon n’avait pas besoin d’avoir de jeu offensif, il lui suffisait d’attendre que Juninho marque sur coup-franc, pour débloquer la situation et finir le travail en contre. 

Au final, une fois son départ de Lyon annoncé, on pourra dire beaucoup de choses sur le jeu de "Juni", qu’il avait l’instinct du tueur, qu’il se laissait tomber dès qu’un joueur s’approchait de lui dans les 40 mètres pour pouvoir obtenir "ses" coups francs, qu’il avait la cheville élastique, qu’il a sans doute passé des mois sans se laver, qu’aucun joueur n’a su mieux tirer parti des ballons de volley-ball avec lesquels on joue aujourd’hui au foot, mais surtout qu’il nous a offert du rêve en Ligue des champions pendant les 5 dernières années. Et ça veut dire beaucoup. Pas sûr que l’on pourra en dire autant d’Ederson, Bodmer et Pjanic. 

Bref, Juninho peut partir la tête haute, il emportera avec lui une décennie de football français et dans quarante ans dès qu’un joueur commencera à planter 3-4 coups-francs on pourra dire à nos gosses "Pfff… moi j’ai vu jouer Juninho, et ben ça c’était quelque chose" et passer pour des vieux ringards. 

Pour ça et pour tout le reste, merci l’artiste.

Un édito signé Docteur Soccer.

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