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Rencontres Love
Ippon sur Décosse Ippon sur Décosse

> 16 août 2008 à 17h00

Par Thomas HETEAU

Ippon sur les leaders français

Les judokas tricolores en ont terminé avec la compétition sur les tatamis pékinois. Quatre médailles, deux d’argent et deux de bronze: le bilan reste honorable et fait oublier le désastre athénien. Mais où est l’or ? C’est bien là le problème.

Après un parcours irréprochable, Lucie Décosse se présente pour la finale des moins de 63 kg en véritable patronne. Face à elle, la Japonaise Ayumi Tanimoto qu’elle a déjà battue lors des mondiaux 2005. Archi favorite, la Parisienne se lance dans ce qui aurait dû être son combat. Mais moins de deux minutes plus tard, elle se laisse surprendre par la Nipponne, championne olympique en titre. Décosse est expédiée au tapis sur ippon. Voilà un peu le scénario que semble avoir adopté la délégation tricolore pendant ces Jeux. Car comme Lucie Décosse, Teddy Riner aurait dû revenir avec de l’or autour du cou. Mais le grand gamin de19 ans s’est lui aussi fait surprendre et n’obtient « que » le bronze. Alors, à l’heure du bilan, le précieux métal brille par son absence.

« Il a manqué un champion olympique, c'est sûr, insiste Brigitte Deydier, la DTN de la Fédération française. On aime bien les champions olympiques. L'objectif était de quatre médailles. Nous y sommes. Le bilan est correct mais un peu décevant par rapport aux espoirs, surtout car certains athlètes auraient pu mieux faire. Nous sommes un peu déçus, même si parfois, nous avons frôlé la performance. »

« J’ai l’impression d’être dans un cauchemar »

La responsable peut quand même se consoler avec l’argent de Décosse et le bronze de Riner. Car d’autres favoris ont chuté d’entrée. Comme Gévrise Emane, championne du monde en titre chez les de 70 kg, et Frédérique Jossinet, vice championne olympique en 2004 (- de 48 kg), toutes les deux éliminées dès le premier tour. « J’ai l’impression d’être dans un cauchemar et que je vais me réveiller, a déclaré Jossinet après seulement 47 secondes de combat. Je ne sais pas ce qui s’est passé. C’est la loi du sport et c’est moi qui en fais les frais aujourd’hui. »

 

Lucie Décosse2

Alors comment expliquer cet effondrement ? Première excuse avancée par les dirigeants : le statut de favori. 

« Porter une telle étiquette s'est révélé être un handicap, expliquent-ils. A la fois pour les athlètes désignés comme tels, mais également pour leur adversaires, motivés comme jamais à l'idée d'affronter un champion. » À la décharge aussi des Français, l’émergence des « petites nations » rarement médaillées lors des échéances mondiales. « Elles sont plus présentes parce qu'elles ont un peu plus faim, analyse Brigitte Deydier. Même si nos athlètes français ont également cette envie de grimper sur un podium olympique. Il y a des pays où la réussite aux Jeux olympiques est vraiment essentielle. »

Ces quelques désillusions ne doivent cependant pas faire oublier la médaille d’argent de Benjamin Darbelet (-66kg) et le bronze de Stéphanie Possamaï (-78 kg). Autant de récompenses qui font oublier le bilan des Jeux d’Athènes, mais qui reste bien loin des exploits de 1996 et 2000. Et si le judo n’était plus une des disciplines phares des athlètes français ? Réponse dans quatre ans…

 

 


 
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