Homme ou femme : Pékin veut savoir
Actualités / Autres Sports - le 06 août 2008 à 10h40
Il n’y a pas que le dopage dans la ligne de mire des organisateurs des JO de Pékin. Il y a aussi les athlètes féminines qui sont en fait des hommes. Des tests hormonaux laveront de tout soupçon – ou pas – les sportives suspectes. Explications et précisions.
- Erika Schinegger, 1967 (devenu Erik Schinegger en 1986)
En 1966, l'Autrichienne Erika Schinegger devient championne du monde de descente. Un an plus tard, un test médical révèle qu’Erika est un homme. L’intéressée est la première surprise. Né(e) avec les testicules dans le bas-ventre, elle avait été élevée comme une fille, et avait gagné comme une fille. La Fédération autrichienne était-elle au courant ? C'était, à l'époque en tout cas, l'avis de la skieuse française Marianne Goitschel: "Les médecins sportifs de la Fédération comptaient parmi les meilleurs au monde, mais l'équipe d'Autriche était très faible... Nous la surnommions Antoine."
- Ewa Klobukowska, 1967
En 1964, la Polonaise Ewa Klobukowska décroche l'or olympique au relais 4x100 mètres, aux Jeux de Tokyo. En 1967, elle est écartée de la Coupe d'Europe des nations pour "féminité insuffisante". On lui avait diagnostiqué une condition génétique rare qui ne l’avantageait pas par rapport aux autres athlètes féminines, mais à cause de laquelle, il lui a été interdit de participer aux compétitions olympiques et professionnelles. Elle a été réhabilitée en 1993.
- Heidi Kriegegr (devenu Andreas Krieger en 1997)
La prise d'anabolisants avait transformé le corps de la lanceuse de poids allemande, championne d'Europe 1986... au point d'en faire un homme. Ce fut chose faite en 1997, après opération chirurgicale.
- Edinanci Silva
Née hermaphrodite et dôtée d'organes sexuels féminins comme masculins, la Brésilienne Edinanci Silva s'est fait opérée, dans les années 1990, de manière à pouvoir pleinement concourir dans les compétitions féminines. Aux Jeux olympiques de Sydney (2000), elle avait battue une concurrente australienne qui, en conférence de presse, n'avait eu de cesse de parler d'elle en employant le pronom masculin "il".
- Santhi Soundarajan, 2006
Sa deuxième place dans le 800 mètres des Jeux asiatiques, à Doha (Qatar), le 9 décembre 2006, avait fait d'elle une vedette en Inde. Mais son test de féminité ne s'est pas avéré concluant. Santhi Soundarajan a été disqualifiée 10 jours plus tard. Ébranlée par ces résultats incompréhensibles pour elle, l'athlète a même tenté de se suicider, quelques mois plus tard.


