Erman Kunter : "Nous comptons énormément sur nos jeunes"
Actualités / Football - le 06 mai 2009 à 18h31
Hier, la défaite de Pau-Orthez à Cholet a condamné le club béarnais à la Pro B, la saison prochaine. La rédaction du site lesdessousdusport.fr a choisi de s'entretenir avec le coach vainqueur, Erman Kunter, l'un des meilleurs formateurs du pays.
Arrivé en France, il y a près de cinq ans, le technicien turc est attaché plus que quiconque à la formation des jeunes talents hexagonaux. Depuis qu'il occupe le banc, Cholet est considéré, à juste titre, comme le meilleur centre de formation du pays. Erman Kunter n'y est certainement pas étranger. Son projet est basé sur les jeunes et pour les jeunes. Une vision du basket à part mais très au fait des vraies forces des clubs français.
Lesdessousdusport.fr : Cholet est reconnu dans toute la France pour sa formation de jeunes (Gelabale, De Colo, Beaubois...). Comment expliquez-vous cela ?
Erman Kunter : A Cholet, nous avons une politique de formation très importante. Nous comptons énormément sur nos jeunes. Nous avons toujours voulu donner du temps de jeu et donc des responsabilités aux joueurs que nous formons. Ainsi en 2003, Mickael Gelabale (aujourd'hui en NBA) n'avait que 20 ans, mais nous lui avons fait confiance en lui donnant près de 20 minutes par match. On a fait pareil, il y a deux ans, avec Nando De Colo et, cette saison, avec Rodrigue Beaubois. On réfléchit dans le recrutement aussi. Cette année, on est partis du principe que Nando et Rodrigue faisaient parti intégrante de l'équipe, nous n'avons donc pas recruté d'Américain à leur poste. Cette preuve de confiance est nécessaire pour leur progression.
- À Cholet, l'équipe est faite pour les jeunes, mais beaucoup vont certainement partir en NBA (Nando De Colo et Rodrigue Beaubois sont inscrits à la Draft cette année tandis que Kevin Séraphin devrait les suivre l'an prochain). Cela ne vous décourage pas?
Non. Les clubs français sont des clubs formateurs, c'est normal. C'est d'ailleurs pour ça que j'insiste pour qu'on découvre les jeunes plus tôt. Comme ça, ils ont déjà de l'expérience et ont pu apporter à leur club formateur. Pour la NBA, c'est comme ça avec tous les pays de toute façon. Puis, il ne faut pas négliger l'aspect financier pour le club. À Cholet, les sommes perçues sont réinvesties sur les jeunes pour continuer le travail de formation. C'est très important. D'ailleurs, plusieurs clubs en Yougoslavie, qui n'ont presque aucun moyen, arrivent à de bons résultats avec quasiment que des joueurs qu'ils ont formés. Nous aussi à Cholet, nous avons prouvé cette année en Coupe d'Europe que grâce à nos jeunes, nous pouvions rivaliser avec des budgets beaucoup plus importants.
- Avant votre arrivée en France, vous aviez participé à un projet avec le CHP, parti républicain du peuple, qui tentait de lier les jeunes au sport...
Il y a près de 20 millions de Turcs âgés de 6 à 16 ans, la jeunesse est donc très importante dans le pays. Le programme auquel j'ai participé consistait à faire découvrir le sport et ses valeurs dans des endroits où ils n'ont pas les moyens de le pratiquer. On présentait des livres d'histoire du sport, des articles qui expliquaient comment faire du sport sans rien. C'était un projet basé sur l'apprentissage des valeurs du sport dans sa globalité. On avait mis quelque chose en place mais ensuite le parti républicain a perdu les élections et donc n'avait plus le pouvoir. On n'a pas pu continuer.


