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> 04 septembre 2009 à 12h25
"Il n'y a que les peureux qui ont peur". Le président de la Fédération française Jean-Pierre Escalettes est donc une poule mouillée. Son discours à quelques jours de deux chocs primordiaux pour l'avenir de l'équipe de France n'est pas rassurant. En deux apparitions dans les médias, le petit gourou du foot français a déclaré: "C’est une équipe qui a des talents, mais ce n’est pas une équipe de talent". "Mon inquiétude est très importante en ce moment parce que les quatre matches à venir sont capitaux pour la qualification".
Inutile de vous préciser que les Bleus n'ont guère apprécié. Pourquoi prendre peur aujourd'hui et retourner sa veste? D'autant plus que c'est, entre autre, Jean-Pierre Escalettes qui a reconduit Raymond Domenech dans ses fonctions après l'Euro 2008. Souvenez-vous du discours de l'entraîneur à l'époque: l'Euro ce n'était qu'une étape pour 2010. Pas grave la déculottée, on prépare le Mondial. Rendez-vous en Afrique du Sud. Le seul hic dans toute cette histoire, c'est que les Bleus vont devoir batailler plus dur que prévu pour prendre l'avion et rejoindre les copains de Nelson Mandela.
L'envie d'avoir envie
Pourtant le groupe proposé à l'équipe de France n'est pas des plus compliqués. Alors que manque-t-il à ces Bleus? Pourquoi même le président de la Fédération française met la pression sur la sélection et a les jambes qui tremblent. Parce qu'il manque quelque chose à ce groupe. Le journal L'Equipe se demande ce matin si c'est une question de talent. L'équipe de France n'est peut-être plus dans le top 5 des sélections mondiales, mais elle s'appuie sur un groupe de joueurs largement supérieurs aux groupes de la Serbie et de la Roumanie.
Non, ce qui manque à cette équipe, c'est de l'audace, du punch. C'est en s'appuyant sur son insouciance et sa fougue que Franck Ribéry est devenu un joueur indispensable au collectif français. Mais il semble bien isolé. Comment expliquer que des joueurs comme Savidan l'hiver dernier, ou Gignac plus récemment éclaboussent les rencontres auxquelles ils ont participé? Parce qu'ils jouent de manière audacieuse, sans frein à main. Ils tentent, ils avancent. Ils sortent du lot, car les autres joueurs se laissent berçer par une douce illusion. Le talent du groupe suffira. "Dos au mur, on fera toujours la différence" pensent-ils. Et l'histoire leur donne parfois raison. En Irlande, la France s'est qualifiée après avoir flirté avec la correctionnelle pendant une phase de poule hésitante. Mais, avec le maillot bleu, on ne devrait pas calculer.
Pas un problème de schéma ou de tactique, mais de philosophie
Depuis qu'il est à la tête des Bleus, Raymond Domenech a privilégié le résultat sur la forme. Si cela a été couronné de succés au Mondial 2006, aujourd'hui, les Bleus doivent changer. Peu importe de jouer avec deux milieux défensifs de formation si ceux-ci ont la consigne de se projeter vers l'avant, de dépasser la ligne médiane, d'animer le jeu. Lass Diarra a récemment marqué deux jolis buts sous le maillot madrilène. En équipe de France, ce dernier évolue quasiment au coté de sa charnière centrale. Le concept bien français "l'important, c'est de ne pas perdre" a atteint la sélection. Interviewé par lesdessousdusport.fr au printemps dernier, Nicolas Anelka nous expliquait que quand il joue avec Chelsea, il a le devoir de gagner tous les week-ends. Peu importe l'enjeu, le classement, il faut gagner trois points c'est tout, sans se projeter sur l'avenir, sans faire des comptes d'apothicaire.
Cette philosophie basée sur les chiffres a entraîné une perte de prestige pour l'équipe de France. Les partenaires financiers s'éloignent, le diffuseur TF1 ne souhaite plus mettre autant d'argent. Les joueurs de l'équipe de France se disent pourtant confiants pour le match de demain soir. Il faudra prouver. Et plus que tout, les Bleus devront jouer avec courage, coeur, bravoure. C'est envisageable, car cette fois, ils ont le couteau sous la gorge. S'ils parviennent à mettre de la folie, il ne faudra pas perdre cette étincelle.
Comme le disait l'Espagnol (vu leurs résultats, il faut écouter les Ibériques en ce moment) Francisco de Quevedo: "La plus grande audace est fille de la plus grande peur." Vu la crainte qui anime les Bleus, et ceux qui les supportent encore, on peut rêver à un match dantesque samedi soir.

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