Dossiers noirs du PSG : la justice zappe Canal


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Dossiers noirs du PSG : la justice zappe Canal

Actualités / Football - le 16 octobre 2009 à 10h59

Par Bakchich.info

PSG Procès

Les réquisitoires du parquet sur les transferts frauduleux du PSG sont sévères. Étrangement, l’état-major de son actionnaire principal est épargné. Explications.

Deux cent vingt pages de jolis tableaux, des organigrammes à n’en plus finir et un empilement de noms. Pas de doute, le parquet a bossé avant de rendre, le 4 septembre dernier, son réquisitoire définitif dans l’ instruction des transferts frauduleux du PSG entre 1998 et 2003. Du faux et de l’usage de faux, de l’exercice illégal d’agent de joueur, des dissimulations de salaires et des transferts surévalués. Et le renvoi en correctionnelle de dix-sept personnes mises en examen préconisé. "Du travail de moine copiste", commente même un avocat d’une des parties.

La valse des fraudes a commencé avec Ronaldhino

Sans rature…mais pas sans oubli. Sport +, filiale controversée de Canal +, le PSG l’était aussi à l’époque, n’est quasiment pas citée dans le réquisitoire du parquet. Curieux. Deux petites pages seulement dans le document que Bakchich s’est procuré. Sport + fut fondé après " une réunion, à l’initiative de Pierre Lescure (à l’époque patron de la chaîne cryptée, NDLR)(…), portant sur le recrutement de ce joueur [1] via Sport + et l’exploitation des droits à l’image du joueur", lit-on dans le réquisitoire. Une boite sous contrôle d’un directoire où l’on retrouve, outre Pierre Lescure, le gratin de Canal : Bruno Thibaudeau, Denis Olivennes et Laurent Perpère. Transferts de joueurs et droits sportifs, donc. C’est ce qu’on appelle un mélange des genres. D’autant que l’affectation desdits droits semble un brin suspecte. Selon Jérôme Valcke, alors directeur exécutif de Sport +, les clubs s’étaient servi de ces droits "pour financer une partie des salaires ou des transferts en les défiscalisant". Plus précisément, les clubs ont fait disparaître "ces charges de salaire en faisant prendre en compte tout ou partie des droits d’images par une tierce partie qui pouvait être soit un partenaire commercial du club, soit une société ad hoc", a aimablement raconté Valcke, auditionné le 16 mai 2005.. Bref, des salaires déguisés via des sociétés amis, à l’instar de Sport +…ou de Nike France, "qui achetait les droits à Sport +".

En somme, la filiale de Canal a servi à gonfler les salaires des joueurs et à les défiscaliser, sans que le parquet trouve à y redire…Alors que ce sont les motifs avancés pour renvoyer en correctionnelle la plupart des mis en examen. Notamment les société PSG et Nike, ou les anciens présidents du club parisien Francis Graille et Laurent Perpère !

L’autre charrette de mis en examen est pleine d’agents de joueurs, soupçonnés peu ou prou des même délits. Sans grands noms français. Ou de pseudo agents, accusés, ô hérésie, d’exercice illégal de la profession … Une petite entorse à la loi à laquelle a également goûté Sport +. Notamment à l’occasion du rocambolesque transfert de Dill. On est à l’été 2001. Acheté au Brésil via deux sociétés amies, puis revendu à l’OM où Tapie a fait son come back, le joueur est fissa retransféré vers le Servette de Genève. Le tout en moins d’un mois. Et sans bénéfice.

Sport + "a mis en place une chaîne de faux documents afin de vendre Dill à l’OM puis de le transférer au Servette", jugent les enquêteurs de la brigade financière qui ont traité le dossier. Ils se sont tout de même demandé pourquoi Sport + avait accepté de récupérer et de revendre le joueur aussi vite, pour le même prix soit 4,116 million d’euros.

Tapie avait de bons arguments pour faire céder le PSG


L’histoire est en fait assez simple. L’OM réalise très vite que Dill était une "chèvre". Et veut qu’on lui reprenne. Tapie a des arguments convaincants. Il a "mis en garde Canal + sur la publicité qu’il pourrait faire dans les médias sur le rôle de Sport + dans le transfert" a expliqué Jérôme Valcke. L’argument, relayé "par une note manuscrite de Valcke à Lescure", a fait mouche. Mais n’a pas convaincu le parquet. Reste à le tester sur le juge Van Ruymbeke, en charge du dossier et ultime décisionnaire sur le choix des personnes à renvoyer au procès. Une occasion en or de faire mentir les mauvaises langues qui l’ont affublé du sympathique sobriquet de "Vaine recherche"…

 

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