Dakar 2009: Christian Califano vit "un rêve de gosse"
Actualités / Autres Sports - le 29 décembre 2008 à 10h00
Ce matin, les concurrents du Dakar 2009 décolleront de l'aéroport d'Orly (Paris) pour Buenos Aires. L'ancien rugbyman Christian Califano sera de la partie. Interview du pilier reconverti pilote.
En 2009, le Dakar change de continent. Après l'édition annulée de janvier 2008, pour des raisons de sécurité en Afrique, direction l'Amérique du Sud. Quelque 6000 kilomètres de course. Et parmi les pilotes de 49 nationalités au volant et au guidon de 230 motos, 30 quads, 188 voitures, et 82 camions, Christian Califano.
L'ancien pilier (72 capes, 2 Grands Chelems dans le Tournoi, 6 Boucliers de Brennus et 1 Coupe d'Europe) débute une nouvelle carrière. Il sera l’un des 58 concurrents au départ, sur Yamaha. Dossard 83, comme le numéro de son département (le Var), et ce n'est pas un hasard!
Lesdessousdusport.fr: À quelques jours du départ, comment te sens-tu? Pas trop de pression?
Christian Califano: Je vis quelque chose d'extraordinaire. C'est fabuleux d'être là, vraiment génial. C'est un rêve de gosse qui devient réalité. Je vais côtoyer de grands champions, et le monde des motards, c'est comme une confrérie. Les grands ne snobent pas les petits. Cette ambiance est vraiment appréciable. Puis je suis un sacré privilégié vu le nombre de personnes qui voudraient participer à cette aventure.
Et comment es-tu passé du rêve à la réalité? Y es-tu allé sur un coup de folie?
Presque. Le rugby s'est arrêté malheureusement. Et voilà... Tout est parti d'une "connerie" dite en Hongrie, lors d'un apéro arrosé et d'un ami qui m'a pris au mot.
Et le fait de te retrouver seul sur cette aventure alors que tu es habitué au collectif et au travail d'équipe, ne t'angoisse pas trop?
C'est vrai que c'est un défi individuel et que ce n'est pas évident pour moi. Il me faut gérer la pression, seul. C'est nouveau. J'ai les mêmes sensations que quand on prépare une Coupe du monde de rugby. J'ai mal au ventre. J'ai du mal à trouver le sommeil, des difficultés à dormir. La pression est énorme. L'intérêt étant d'arriver au bout et de ne pas se contenter de faire deux ou trois étapes, parce qu'il y a des partenaires qui ont investi par exemple... Tout ça, je découvre et j'apprends à gérer.
Pour cela, tu as reçu les conseils d'un "maître"...
Oui, j'ai la chance d'avoir eu comme "teacher" Cyril Despres (vainqueur de la dernière édition du Dakar en 2007 notamment, ndlr). Il m'a aidé à travailler le physique. On a fait pas mal de vélo en montagne, ensemble. Mais c'est un peu comme si une équipe de Fédérale 32 jouait les All-Black. Je me souviens d'un jour où on roulait ensemble du côté de Lézignan (Aude). J'étais à 110 voire 120%. Au bout de 30-40 minutes, il me dit "T'es chaud, maintenant. On passe aux choses sérieuses". J'avais déjà tout donné. Et j'ai du recommencer, et me donner à 200%. Pas facile du tout.
Et tu as demandé à tes anciens adversaires Pumas quelques tuyaux sur l'Argentine?
(Rires) Ils m'ont tous dit "Accroche-toi. C'est pas facile". Et quand j'ai dit que j'allais traverser de superbes paysages, ils ont rigolé. "Ye crois que tu vas pas avoir le temps de les voir". Avec l'accent! (rires). Mais c'est vrai. Dans une journée, on fait 800 kilomètres, c'est comme si je prenais mon petit déjeuner à Toulouse le matin et allais dîner au Havre, le soir. Ca sera dur. Mais l'objectif, c'est d'aller au bout.
Tu pars avec le dossard 83, le numéro de ton département (Christian Califano est né à Toulon, ndlr). Ce n'est pas un hasard, n'est-ce pas?
Non, j'espère que cela me portera bonheur. En fait, j'aurais voulu avoir le n°1, comme quand je jouais pilier. Mais ce n'était pas possible (rires). Je ne crois pas que Cyril l'aurait cédé. J'ai donc demandé le 83. On verra...
Le plateau de l'édition 2009 du Dakar réunira notamment l’ex-champion de ski Luc Alphand, Carole Montillet, Yvan Muller et l'ancien ailier du Biarritz Olympique Philippe Bernat-Salles (dans un Land-Rover Bowler). Ce dernier partira avec le dossard 64, numéro de son département fétiche (Pyrénées Atlantiques, Bernat Salles est né à Pau).
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(Photo: Vitavi.fr)


