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> 16 juin 2009 à 17h10

Par Stéphane POCIDALO

CSKA Sofia ou la préférence nationale

Voilà une "belle" initiative d'ouverture plus d'une semaine après les élections européennes. Le président bulgare du CSKA Sofia a annoncé qu'il allait se séparer de tous ses joueurs étrangers afin de donner du temps de jeu aux locaux. Et ainsi aider la sélection nationale à retrouver son lustre d'antan.

Ah Sofia... Sa basilique Sainte-Sophie, son église Saint-Georges, sa cathédrale Alexandre-Nevski, ses clubs de football. La magnifique capitale de la Bulgarie est vraiment une ville à découvrir en tant que touriste. Par contre, si vous êtes un footballeur étranger et que vous rêvez de jouer au CSKA Sofia, alors n'y allez pas. Cela tombe bien: le président du club ne vous désire pas non plus, même si vous vous appelez Kaka ou Cristiano Ronaldo. En effet, preuve d'une ouverture d'esprit à couper le souffle, ce cher président Ventsislav Zhivkov a annoncé ce matin, au quotidien 7 dni sport, qu'il ne souhaitait faire jouer que des joueurs du pays. "À partir de maintenant, notre stratégie sera de nous appuyer sur des joueurs bulgares uniquement, a-t-il affirmé. Tout le monde est convaincu que cela nous mènera au succès. Cela dit, entre notre désir et les réalités, il peut y avoir un écart."

Après le 6+5 de Blatter, voici donc la règle bulgare du 11+0... Cette décision plus que discutable découle d'une nouvelle logique prononcée par la Fédération bulgare. Cette dernière, lassée par les mauvais résultats de la sélection nationale (presque éliminée du Mondial 2010), a, en effet, interdit aux clubs d'aligner plus de trois joueurs extra-communautaires afin de donner du temps de jeu aux talents locaux. Selon elle, les joueurs étrangers empêchent les nouvelles générations de s'éclore. Le président du CSKA Sofia, particulièrement convaincu par cette méthode, a donc décidé de pousser à l'extrême la logique de la préférence nationale.

Cette volonté ultra-nationaliste n'est pas, non plus, une surprise au sein d'un club aux méthodes douteuses. Il y a quelques mois, le CSKA, tout juste champion de Bulgarie, avait changé de propriétaire. Jusqu'alors aux mains de  l'industriel indien Pramod Mittal (frère du magnat de l'acier Lakshmi Mittal) le club, criblé de dettes, avait été repris par la société bulgare, Titan Sport. Dans le même temps, le président du club de l'époque, Alexandar Tomov, était au coeur d'un scandale financier l'impliquant dans des détournements de fonds.

Désormais, le centre de formation du CSKA Sofia va tourner à plein régime. La pépinière maison, qui accueille 360 jeunes de quatorze à dix-huit ans, va devoir être riche en talents si la sélection bulgare souhaite retrouver son lustre d'antan. Les futurs Stoichkov, Ivanov et Kostadinov vont, peut-être, bientôt éclore. Même si, avec le manque total d'ouverture d'esprit du président du CSKA, on peut dormir tranquille: le jour où les Bleus revivront le même cauchemar qu'en novembre 1993 (un soir où la Bulgarie l'avait éliminé du Mondial 94), nos petits-enfants ne seront pas nés...

 

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