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> 09 octobre 2008 à 10h40

Par Stéphane POCIDALO

Crise financière: quel impact sur le football?

La crise financière qui touche les marchés financiers va-t-elle toucher le football? Vincent Chaudel, spécialiste de l'économie du football, lève le voile sur ces interrogations. Interview.

Hier, mercredi, les places financières ont de nouveau vécu une journée noire. En France, la Bourse de Paris a clôturé en très forte baisse, l'indice CAC 40 perdant 6,39%. Une situation qui effraye tous les acteurs économiques internationaux Dans le monde du ballon rond, l'inquiétude va crescendo. Mardi, c'était le président de la Fédération anglaise (FA), David Triesman, qui prévenait que le football anglais était trop endetté (près de 4 milliards d'euros) par rapport au contexte de crise. Hier, c'était le secrétaire général de l'UEFA, David Taylor, qui annoncait que les clubs trop endettés s'exposaient à une "exclusion" des compétitions européennes.

Vincent Chaudel, responsable du département Sport d'Ineum Consulting et spécialiste de l'économie du football, préfère relativiser. Certes, les risques existent, mais les clubs ont encore de bonnes garanties financières.

Lesdessousdusport.fr: La situation économique mondiale est plus qu'inquiétante. On dit déjà qu'elle a rejailli sur les clubs de Premier League. Qu'en est-il vraiment?

Vincent Chaudel: Il est important d'éclaircir certaines choses. Tout d'abord, les clubs anglais ont toujours eu la culture de l'investissement. Depuis des années,  de nombreux clubs comme Manchester United ou Arsenal vivent endettés, et cela ne pose pas de problèmes majeurs. La situation actuelle peut, en revanche, contrarier la santé financière des propriétaires de certains clubs (ndlr: comme Liverpool, par exemple). Pareil pour des équipes comme West Ham qui ont des sponsors  impactés par la crise financière. Si le propriétaire compte revendre son club maintenant, il risque, au niveau de son patrimoine, de faire une moins-value. Néanmoins, ne soyons pas trop inquiets pour la Premier League. Le montant des droits télé (770 millions d'euros par an jusqu'en 2013) et la fidélité du public (95% de taux de remplissage des stades) offrent, encore, suffisamment de garanties économiques aux clubs anglais.

Le football français est-il à l'abri de la crise actuelle?


Le modèle économique français est différent, mais on est dans la même situation. Les clubs français ont plusieurs atouts: leurs comptes sont assainis et les droits télé, qui représentent 60% de leurs ressources, sont assurés jusqu'en 2012. Par contre, la crise actuelle peut avoir un impact sur les projets de stade le plus souvent co-financés par des fonds d'investissement. Cela peut les retarder, sans pour autant les remettre en cause, du moins pour le moment.

L'Olympique Lyonnais peut-il s'inquiéter?


Non, dans la mesure où son introduction en bourse a permis de lever suffisamment de fonds pour financer le futur stade.

En résumé, les risques existent mais pas trop...

Disons que, pour le football, il n'y a pas de catastrophe en vue. La crise peut donc impacter les nouveaux projets d'équipements, et  le pouvoir d'achat des spectateurs. Le fond de commerce d'un club, c'est son public. Tant qu'il y a 40 000, ou 50 000 personnes qui achètent un billet pour un match de football, c'est que le club fait du bon travail. En revanche, le football français ne doit surtout pas lâcher la pression au niveau marketing. Dans des périodes moroses, les clubs doivent redoubler d'efforts par rapport à ses supporteurs. La relation de proximité est très souvent primordiale dans ces cas-là.

À lire également: George W. Bush sponsorise Manchester United!
 


 
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