Conflit social aux Antilles : quand les sportifs montent au créneau


  1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. Autres Sports
Imprimer

Conflit social aux Antilles : quand les sportifs montent au créneau

Actualités / Autres Sports - le 19 février 2009 à 10h55

Par Thomas HETEAU

Lilian THURAM

Voilà un mois que la Guadeloupe et la Martinique sont secouées par des émeutes contre la vie chère. Aujourd’hui, les sportifs originaires des Antilles haussent le ton.

Le 20 janvier dernier, une grève générale est lancée en Guadeloupe par le collectif LKP (Lyannaj Kont Pwofitasyon, un groupe d'organisations syndicales, associatives, politiques et culturelles de Guadeloupe). Leur combat : la vie chère. Alors que le gouvernement tarde à trouver une solution à cette crise, le mouvement se propage. Après la Guadeloupe et la Martinique, le conflit menace de s'étendre à l'île de la Réunion et en Guyane. Pour les sportifs antillais, l’inquiétude est palpable.

"Je pense que c'est légitime de demander une société meilleure, a ainsi déclaré Lilian Thuram, invité hier soir du journal télévisé de France 2. Il faut seulement comprendre: s'il y a 60 000 personnes dans les rues, c'est qu'il y a une raison. Je ferais partie des manifestants si j'étais là-bas", a assuré le natif de Pointe-à-Pitre."Les autorités elles-mêmes savent très bien que la vie est extrêmement chère en Guadeloupe. La preuve, c’est que les salaires des fonctionnaires y sont plus élevés de 40 %. Les vrais responsables, ce sont les békés, qui détiennent le monopole de certains secteurs et qui fixent les prix. Alors, pourquoi a-t-on attendu si longtemps pour accorder de l’importance aux problèmes dénoncés par la population antillaise ? Les gens qui souffrent à l’heure actuelle, eux, prennent ça pour du mépris", a conclu Thuram, avant cependant de condamner les dérapages violents: "Par contre aux plus jeunes, je dirais que les violences discréditent le mouvement".

Même son de cloche aujourd’hui dans les colonnes de L’Équipe avec une certaine Marie-José Pérec. Originaire de Basse-Terre, en Guadeloupe, la double championne olympique 1996 se dit "très remontée, touchée et inquiète". "Les Guadeloupéens sont mécontents à raison", insiste-t-elle. "Au-delà de la lutte contre la vie chère, ils ont l'impression qu'on ne les écoute pas, qu'on ne les entend pas. Ce qui me frappe, c'est que la majorité des manifestants est jeune, déterminée. Prête à se battre jusqu'au bout. Et je n'ai qu'une crainte: que les choses empirent. Il est important de prendre des décisions pour les aider à surmonter la crise et ne pas laisser les choses se dégrader".
C’est justement pour éviter un enlisement du conflit que Nicolas Sarkozy doit recevoir aujourd’hui les élus des Départements d'Outre-mer, avant de s'exprimer sur RFO.
 

 

Abonnez-vous gratuitement pour recevoir en exclusivité toutes les informations des Dessous du sport.