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> 26 août 2008 à 17h28

Par Georgia DIAZ

Coeur de footballeur, coeur brisé?

Le Service Réanimation du CH de Valenciennes et le Médecin du VAFC évoquaient, hier, "un réveil partiel avec ébauche de communication" du footballeur de Valenciennes, David Sommeil. Le Guadeloupéen a été victime d'un malaise cardiaque à l'entraînement, mercredi dernier. Un accident qui en rappelle d'autres...

Il y a d'abord eu le cas Lilian Thuram, fin juin. Le défenseur antillais, recordman des sélections nationales (142) devait signer au PSG mais a dû renoncer, une visite médicale ayant permis de déceler une hypertrophie cardiaque... Hypertrophie qui n'en était pas vraiment une, selon les déclarations du joueur un mois plus tard. Mais le coeur du footballeur restait "épais", "assez musclé". Lilian Thuram a préféré rester prudent et mettre fin à sa carrière, à 36 ans. Puis, la semaine dernière, c'est David Sommeil (34 ans), défenseur central du VAFC qui était victime d'un malaise cardiaque sérieux à l'entraînement. Autant de cas isolés et différents qui, mis bout à bout, inquiètent, tout juste un an après le décès du joueur espagnol Antonio Puerta.

La pratique du football de haut niveau n'est pas sans risque. La charge de travail et le sur-entraînement font courir des risques aux organismes. Se doper ne résoud pas le problème. Chaque produit dopant est un danger potentiel pour la santé des sportifs. Voilà les éléments de réponse apportés par le Docteur Jean-Claude Verdier, cardiologue du sport à l'Institut Coeur Effort Santé de Paris aux Dessous du Sport.

thuram psg coeur

Des progrès médicaux
S'il est évident que les techniques de diagnostic ont beaucoup évolué dans les vingt dernières années, facilitant la détection d'anomalies qui n'auraient pu être perçues auparavant, beaucoup reste à faire.
"Le perfectionnement de l’imagerie cardiaque (scanner, IRM, échographie-  doppler cardiaque), les publications des recommandations américaines et  européennes, pourraient laisser croire qu’en matière de cœur du sportif, tout  est désormais connu et notamment les frontières entre  coeur pathologique et physiologique ainsi que les conduites à tenir en  cas de pathologies spécifiques. Pourtant, de nombreuses interrogations  persistent : épidémiologiques d’abord sur la fréquence réelle et les  causes de mort subite survenant sur les terrains de sport en France. Trop  souvent les autopsies manquent encore."

Des questions sans réponse
Parmi lesquelles "Quels sont les mécanismes adaptatifs aux  contraintes des fibres et parois myocardiques, et pourquoi ces  adaptations diffèrent-elles   largement selon le sexe et les  individus ? Quelles sont aussi les limites physiologiques réelles  de ces adaptations (hors « aide pharmacologique complémentaire ») et  le réel risque rythmique qu’elles génèrent à long  terme ?"  

Les effets du dopage

Il convient de rappeler aussi que le dopage, de manière générale, a un "impact majeur sur le système cardiovasculaire". Et ce, sur un coeur sain et d'autant plus si son coeur est porteur d'une anomalie. Les anabolisants, par exemple, majore la masse musculaire. Les stimulants (type cocaïne, éphédrine, amphétamines) peuvent provoquer tachycardie sinusale, poussée d'hypertension artérielle. Les anti-inflammatoires stéroïdiens (qui peuvent s'obtenir sur ordonnance et peuvent être donc tolérés chez le sportif de haut niveau) reculent le seuil d'apparition de la fatigue et ont une action euphorisante et excitante...
 

médecins

La prévention

- Depuis 2004, la LFP a mis en place au niveau des clubs de Ligue 1 et Ligue 2 un suivi biologique et cardiologique obligatoire auprès des joueurs professionnels. Ce suivi comprend, une fois par an, un examen médical, un électrocardiogramme, une épreuve d'effort, une échocardiographie, et deux bilans biologiques.

- En 2006, la LFP a équipé les quarante clubs professionnels d'un défibrillateur et formé les équipes à leur utilisation. Ces appareils "HeartStart FRx" sont semi-automatiques. Lorsque les électrodes sont apposées sur la victime, ils diagnostiquent par eux-mêmes s'il faut, ou non, envoyer une impulsion électrique afin de remettre le potentiel cardiaque à zéro. Ils guident également, de manière vocale, le réanimateur en lui indiquant la marche à suivre. "Ces défibrillateurs peuvent permettre de sauver 20 à 25% des personnes victimes de ce type d'accident. Sans eux, l'espérance de vie, avec une absence de séquelles graves, est estimée à 2%", explique Jean-Claude Petitot, cardiologue et coordinateur de ce projet au sein de la Fédération, instance compétente en matière médicale.

 

 

 

 

Quelques chiffres (source LFP)

2,5 athlètes sur 100 000 (professionnels ou amateurs) sont frappés par une mort subite chaque année dans le monde.

40 000 cas de mort subite sont recensés chaque année en France. Cette estimation devrait bientôt être précisée par une étude épidémiologique actuellement menée par l'Inserm et le Conseil de Prévention et de Lutte contre le Dopage, à la demande du Ministère de la Jeunesse et des Sports.

200/210 pulsations cardiaques par minute : c'est à ce niveau-là de battements de cœur que peut survenir l'accident cardiaque, cette fréquence pouvant empêcher les cavités cardiaques de se remplir de sang.

Retrouvez également le dossier de la rédaction consacrée aux morts subites sur les terrains.

 


 
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