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> 18 avril 2009 à 12h00

Par Georgia DIAZ

Claude Portolan: "Si le Stade Toulousain ne joue pas collectif, il ne sait pas jouer".

Le RCT accueille le Stade Toulousain, au Stade Vélodrome de Marseille. Toulouse est déjà assuré de disputer les demi-finales du Top 14 mais devra rebondir après son échec en HCup. Toulon se bat encore pour le maintien. Il y a 24 ans, les deux équipes disputaient la finale du championnat de France. Claude Portolan était de la partie. Interview souvenir.

"Toulouse, capitole du rugby". Tel était le titre de L'Equipe le 27 mai 1985, au lendemain de la finale du championnat de France de rugby entre le Stade Toulousain et le RC Toulon. Un match épique que les Toulousains avaient remporté après prolongations sur le score de 36-22. Guy Novès, ailier gauche, touchait son premier Bouclier de Brennus, en tant que joueur. Tout comme Claude Portolan, pilier droit des Rouge et Noir du SO pendant près de 16 ans.
Vingt-quatre ans ont passé. Novès est désormais entraîneur. "Porto" a arrêté sa carrière en 1996 (il travaille à GrDF). Un imprévu l'empêchera de se rendre à Marseille pour assister à la rencontre entre le Rugby Club Toulonnais et et Toulouse, mais le sextuple champion de France suit de près les résultats des Toulousains. Ce qui leur manque, selon lui? De la cohésion, un collectif, même si les individualités sont là...  Ce que l'équipe championne de France en 1985 avait.

Lesdessousdusport.fr: Il y a 24 ans, Toulon affrontait Toulouse en finale du championnat de France. Un match que les Toulousains remportaient 36-22 (ap.). Vous aviez même marqué un essai. Quel souvenir en avez-vous?
Claude Portolan:
Je revois les phases de jeu comme si c'était hier. Et c'était il y a 24 ans. Ca passe. J'ai les cheveux blancs, d'un coup (rires). C'était notre première finale. Il y avait longtemps que le Stade Toulousain n'avait plus gagné le Bouclier (depuis 1947, ndlr). On voulait gagner. Et on y est arrivés même s'il s'en est fallu de peu avec ce drop de Cauvy sur le poteau. Et tout ça, pour rien, pour zéro franc. Mais c'était l'époque du rugby amateur! Notre force, c'était le collectif.

Un collectif qui a "résisté" au temps?
Oui, bien sûr (rires). On se voit encore souvent avec les anciens du Stade. On s'appelle, on s'envoye des e-mails. On se rassemble de temps à autre. Le collectif, c'est notre force!

Et quand vous regardez le Stade Toulousain d'aujourd'hui, vous le trouvez comment?
Le jeu va plus vite, c'est sûr. Mais ces gars jouent-ils vraiment pour le maillot? Parfois, je me pose la question. Jouent-ils ensemble ou n'essayent-ils pas parfois de tirer leur épingle du jeu, au détriment du collectif, pour être en équipe de France? Quand on voit le dernier match de HCup des Stadistes (Toulouse a perdu face aux Cardiff Blues en quart de finale la semaine passée, ndlr), qu'ils dominent et qu'ils perdent... On se dit que ce n'est pas normal. L'arbitre ne les a pas avantagés, certes. Il y avait peut-être une fatigue générale etc. Mais ils ont fait beacoup de fautes de mains, beaucoup trop. Et il leur manque quelque chose.

Et ce quelque chose, c'est un meneur peut-être?
Un meneur, oui peut-être... Mais je trouve qu'ils manquent surtout de cohésion, d'un collectif "avants - trois quart". Notre force, à l'époque! Cette liaison, le Stade Toulousain l'a perdue. Il y a de bonnes individualités dans le groupe. C'est une très belle équipe, avec ce qui se fait de mieux au niveau national et international quand on pense à Byron Kelleher par exemple. Mais si le Stade Toulousain ne joue pas collectif, il ne sait pas jouer. Avec la vidéo, tout le monde connaît le jeu du stade, donc il faut aller au-delà. Ils n'y arrivent pas et leurs matches sont un peu médiocres...

Pensez-vous, alors, que les joueurs du Stade Toulousain vont savoir rebondir, après avoir été sortis de la HCup?

J'ai peur qu'ils trébuchent... Parce que les individualités ne font pas tout. Maintenant, s'ils veulent sauver la saison, il leur faut regagner le Bouclier. Je fais confiance à Guy (Novès, l'entraîneur ndlr). Il sait parler à ses troupes et les motiver. C'est un gagneur. Il ne fait pas de cadeaux à ses joueurs. On l'aime ou pas. Et en l'occurence, c'est mon ami. J'ai joué avec. Il a été mon entraîneur. Ce ne doit pas être évident de gérer tout ce petit monde et je n'aimerais pas être à sa place. Mais je sais qu'il fera au mieux, prendra les meilleurs et essayera de leur faire retrouver ces valeurs.

Et vous, ces valeurs, vous voyez un jour les inculquer aux nouvelles générations?
Pour le moment, je travaille toujours à GrDF, il me reste cinq ans de carrière à effectuer. Après je me verrais bien m'occuper de jeunes, oui. Revenir au Stade Toulousain, pourquoi pas? J'ai passé 16 ans dans ce club, ce grand club, cette grande famille. On verra!


Précisions: Claude Portolan a été six fois champion de France avec le Stade Toulousain (en 1985, 1986, 1989, 1994, 1995, 1996), trois fois international entre 1986 et 1989, vainqueur d'une Coupe de France en 1984.


 

Images de la première mi-temps de la finale 1985, entre le RCT et le Stade Toulousain.


La seconde mi-temps de la finale 1985, entre le RCT et le Stade Toulousain.


Les prolongations de la finale 1985, entre le RCT et le Stade Toulousain.



(Compte-rendu du match sur le site de la LNR


 
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