Bolt en fait-il trop ?


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Bolt en fait-il trop ?

Actualités / Autres Sports - le 23 juillet 2009 à 12h56

Par Thomas HETEAU

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Érigé au panthéon du sport depuis son triplé historique sur la piste de Pékin, Usain Bolt se retrouve plus que jamais sous le feu des projecteurs. Cette surmédiatisation peut-elle nuire à sa carrière ? Éléments de réponse.

L’athlétisme mondial tient sa star et ne compte plus la lâcher ! En triomphant sur la piste du "Nid d’Oiseau" l’été dernier, Usain Bolt a remporté bien plus que l’or olympique. Le Jamaïcain est tout simplement devenu une star planétaire, venant aux secours d’une discipline en perte de vitesse. Car il faut être honnête, si l’athlétisme peut être considéré comme le sport olympique numéro 1, il peine à attirer les foules le reste du temps. Il est loin le temps béni des "eighties" où Carl Lewis et autres Sergeï Bubka provoquaient des émeutes. Mais voilà qu’un gamin de 22 ans est venu apporter du sang neuf. Et comme si ses chronos surréalistes ne suffisaient pas, le sprinter est doté d’une personnalité hors du commun. Danseur, acteur… Usain Bolt un one-man-show en permanence. Inespéré pour les organisateurs des meetings du monde entier qui on enfin trouvé leur Messie.

"On paie cher pour le faire venir (205 000 euros, ndlr), on veut donc le voir sur et en-dehors de la piste", avoue Laurent Boquillet, directeur meeting Areva, contacté par la rédaction, et qui a suivi la star lors de son séjour à Paris. "Aujourd’hui, il n’y a que Bolt, il écrase tout. Il a quelque chose en plus. C’est un produit marketing parfait. Et Je suis le premier à en profiter". Après les Jeux olympiques de Pékin, le Jamaïcain a signé des dizaines de contrats pour des gros montants. Il a donc des obligations qui en découlent. À Paris par exemple, lors du meeting Golden League de Saint-Denis, une dizaine de participants ont été invité à courir un 100 mètres sous les yeux de leur idole qui devait arbitrer la courses et récompenser le vainqueur. Tout cela, à quelques minutes de s’aligner, à son tour, sur la ligne droite.

"Le système fonctionne bien"
Cette médiatisation à outrance peut-elle nuire à ses performances ? Pour Laurent Boquillet, il n’y a aucun risque. "Tout est très bien contrôlé par Glen Mills, son entraîneur", explique-t-il. "Bien sûr, Usain est très sollicité, mais il s’agit pour lui et son entourage de trouver le bon équilibre. Et pour l’instant, le système fonctionne très bien. C’est encore Glen Mills qui a le dernier mot : si son athlète ne répond pas sur la piste, il arrête tout".

Photos, autographes, opérations marketing… L’homme le plus rapide de l’histoire est plus que jamais sollicité. Et la plupart du temps, le triple champion olympique se prête facilement à l’exercice. Que ce soit sur une piste ou en plein milieu d'une conférence de presse, Bolt aime faire le show."Usain est quelqu’un de serein et décontracté", insiste le responsable du meeting parisien. "S’il n’y avait que lui, il dirait 'oui' à tout, il joue le jeu. C’est aussi ça un champion. Mais je vous rassure, Usain Bolt passe encore la plupart de son temps dans sa chambre d’hôtel à jouer aux jeux vidéos". Le "système Bolt" semble aujourd’hui bien huilé, sans pour autant nuire à ses résultats. On en aura la certitude si Usain Bolt s’impose dans quelques semaines sur la piste de Berlin.

 

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