Bastareaud est-il le nouveau Chabal ?
Actualités / Rugby - le 15 mars 2009 à 10h30
Mathieu Bastareaud, très en vue samedi dernier face à Bourgoin, sera à nouveau titulaire contre l'Angleterre, aujourd'hui à Twickenham... Après des débuts prometteurs contre le Pays de Galles, il y a 15 jours.
Quand Bernard Laporte l’a sélectionné pour la première fois dans le groupe France, le phénomène Mathieu Bastareaud jouait en fédérale à Massy. Bernard Laporte ne l’avait jamais vu joué. Il l’avait sélectionné comme on choisit une marchandise sur le catalogue de la Redoute à Roubaix. Depuis Bastareaud a fait son chemin au point d’être confirmé comme deuxième centre face à l’Angleterre, après des débuts prometteurs contre le Pays de Galles quinze jours plus tôt.
Comme Jonah Lomu, à 20 ans Mathieu Bastareaud est un cas. Pas moins de 113 kilos. Parmi les centres internationaux, seul le Tongien Epi Taïone pèse plus que lui. Bastareaud est un redoutable plaqueur doté d’une excellent lecture défensive du jeu. Trop juste techniquement pour être indiscutable en premier centre, mais déjà très au point comme deuxième centre. C’est un joueur brut de décoffrage. Il joue sur ses qualités naturelles : explosivité, puissance et force. Il est très costaud du haut du corps. En développé couché, il soulève des barres de 150 kilos. En squat, il arrache 180 kg. Et en soulevé de terre, il dépasse les 200 kilos. Il est chonométré en 3 secondes sur 20 mètres, départ arrêté. En revanche il manque de vivacité pour changer de direction. Sa gestuelle est encore très primaire.
Bref, Mathieu Bastareaud est hors norme. L’une des interrogations qui le concernait était de savoir s’il était capable de savoir s’il était capable de tenir le rythme international pendant 80 minutes. Contre le Pays de Galles, il a prouvé que oui. Si le XV de France opte pour la "rush-défense" comme contre les Gallois, il est l’homme de la situation.
Est-il dans la lignée de Chabal ? Les adeptes du boum-boum rugby vous diront que lui. Après tout est question de goût et de l’idée qu’on se fait du rugby. Sport de "rentre dedans" ou sport d’évitement. Comme je préfère la deuxième option, je préfère... Codorniou.
Retrouvez tous mes billets d'humeur sur Rugbyolympic.
Pierre Salviac



