états-unis
> 24 juin 2009 à 13h15
Sans exagérer, même si les États-Unis battaient le Brésil par trois buts d'écart, les médias américains en parleraient à peine. Certes, le "soccer" n'est pas vraiment leur sport préféré, mais de là à dénier à ce point la magnifique performance réalisée par l'équipe de Bob Bradley lors de la Coupe des Confédérations... Au moins, les Égyptiens n'ont, eux, pas oublié ce qui s'est passé dimanche dernier. Alors qu'ils s'étaient lourdement inclinés lors des deux premiers matches de poule (3-1 face à l'Italie, puis 3-0 face à Brésil), les coéquipiers de Charlie Davies n'avaient, en tout et pour tout, qu'1% de chances de se qualifier pour les demi-finales. Et pourtant, après une magnifique prestation collective, l'équipe américaine a étrillé les "Pharaons" (3-0) et a profité de la déroute italienne face au Brésil (3-0) pour se hisser miraculeusement dans le dernier carré.
Il s'agit clairement de l'un des plus beaux matches de histoire du football nord-américain. Certes, en 1992 et 1999, les États-Unis avaient atteint les demi-finales de la Coupe des Confédérations. Mais l'intérêt de la compétition était bien moindre. Cette performance permet donc à la sélection de prendre, dès ce soir, rendez-vous avec l'Espagne. Une rencontre importante. Pourtant, pas un seul grand quotidien américain n'en parle. Sur USA Today, il faut aller chercher très loin pour lire une seule ligne sur ce match. Rien dans le Washington Post! Seul le New-York Times daigne en parler sur sa une "sports". Et encore, c'est pour parler de l'adversaire, en l'occurrence de Xavi...
Cette indifférence générale est vécue, par les joueurs de la sélection, comme un manque flagrant de reconnaissance. Clint Dempsey, le buteur héroïque qui a envoyé les USA en demi-finale, confie, sur le site de la FIFA: " Beaucoup de gens ne croient pas en nous. On ne nous respecte pas vraiment." Pour lui, c'est cette méprise du grand public qui soude le groupe. "Quand nous nous retrouvons tous ensemble, nous luttons les uns pour les autres. Ensemble, nous sommes capables de tout." Ce soir, face à l'Espagne, qui est en passe de battre un record invincibilité, les États-Unis n'auront aucune pression. Ni médiatique, ni sportive. C'est pour cela que le sélectionneur Bob Bradley a déclaré en conférence de presse: "Yes we can". "Nous espérons gagner, bien-sûr, estime-t-il. Nous visons haut, et quoiqu'il arrive, nous continuons à emmagasiner de l'expérience. Faisons de notre mieux et nous verrons." Et, peut-être qu'un jour, les médias américains parleront d'eux...

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