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Rencontres Love
Anne Caroline CHAUSSON Anne Caroline CHAUSSON

> 02 février 2009 à 12h40

Par Thomas HETEAU

Anne-Caroline Chausson : "Je suis une compétitrice dans l’âme"

Après 13 titres mondiaux en VTT et un titre olympique en BMX cet été, Anne-Caroline Chausson a été sacrée championne du monde de ski de vitesse le 22 janvier dernier. Un nouveau pari réussi pour cette amoureuse du sport. Interview.

- 182,833 km/h. C’est la vitesse à laquelle Anne-Caroline Chausson a été flashée, il y a 10 jours, sur la piste de Vars (Hautes Alpes), à l’occasion des championnats du monde de ski de vitesse. À 31 ans, la jeune femme remportait ainsi son 3e titre mondial dans une 3e discipline, après le VTT et le BMX. Une nouvelle carrière peut-être ? Pas du tout. Si la championne olympique se lance de nouveaux défis, c’est par amour du sport. 

Lesdessousdusport : Comment passe-t-on du BMX au ski de vitesse?
Anne Caroline Chausson : C’est une histoire de famille. Mon compagnon, Philippe Bily, est un ancien skieur de haut niveau, champion du monde et ex-recordman du monde de la discipline (243 km/h, ndlr). Il faisait partie de l’organisation du championnat du monde à Vars. Au début, je devais seulement être la marraine de la compétition. Mais petit à petit, l’idée est venue d’y prendre part. En fait, j’avais déjà pratiqué le ski de vitesse, il y a une dizaine d’année, pour préparer la descente en VTT. Je me suis dit pourquoi pas ?

Est-ce une nouvelle carrière?
Absolument pas. C’est justement pour ça que je n’avais rien annoncé. J’y pensais depuis le mois d’octobre, mais je n’ai rien dit. Je ne voulais pas que les médias parlent d’une nouvelle carrière. C’est pourtant ce qu’ils ont fait. C’est juste pour le plaisir. Histoire de sortir de la routine.

Un 3e titre mondial dans une 3e discipline. Qu’est-ce que cela vous inspire?
Franchement, je ne pensais pas aller chercher celui-là. C’est comme ça, si ça marche, tant mieux. Au début, j’y allais pour battre mon propre record qui est de 192 km/h en KL (kilomètre lancé). Mais j’ai concouru dans la catégorie "production" (sans l’équipement profilé des kaélistes, ndlr). Je suis donc restée bloquée à 182 km/h. Je ne voulais pas me lancer directement en KL. Je ne voulais pas me faire peur. L’année prochaine peut-être car je dois encore progresser techniquement. Mais je le répète, ce n’est pas une nouvelle carrière. Je ne suis pas prête à replonger dans le haut niveau.

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Anne-Caroline Chausson sur la piste de Pékin.

Voir aussi:
L'interview video d'Anne-Caroline Chausson, à son retour de Pékin.

Petit retour en arrière. Vous êtes revenue au BMX uniquement pour les Jeux de Pékin ?
Lorsque la discipline a fait son entrée aux Jeux olympiques, j’étais en pleine carrière de VTT. En 2004, l’entraîneur national est venu me voir pour me convaincre de revenir. J’ai refusé. J’avais encore des choses à faire dans le VTT. Mais petit à petit, tout le monde me poussait à tenter ma chance. Ma famille, mes amis me disaient que ce serait dommage de louper ça. J’ai pris ma décision en novembre 2006. Cela faisait 13 ans que je n’étais pas montée sur un vélo de BMX. J’ai repris l’entraînement à la fin du mois de janvier 2007. Pendant presque deux ans, je n’ai vécu que pour ça. Je suis arrivée à Pékin assez détendue. Tous les regards étaient posés sur l’Anglaise, invaincue depuis deux saisons. Tout le monde l’attendait, cela m’a enlevé pas mal de pression.

Au final, vous devenez la première championne olympique de l’histoire de la discipline…

J’ai encore du mal à le réaliser. Je n’ai pas encore le recul nécessaire. Mais ce qui me fait vraiment plaisir, c’est que l’on parle enfin du BMX. Ça apporte énormément au sport. Les gens savent enfin ce que c’est.

Et le prochain titre mondial, c’est dans quel sport ?
Le ping-pong, quand je serais en maison de retraite. C’est en tout cas ce que me dit mon médecin. Je suis une compétitrice dans l’âme. J’ai arrêté le haut niveau, mais je ne peux pas vivre sans le sport. J’ai grandi comme ça.

Quelle discipline n’auriez-vous pas pu pratiquer ?

J’ai besoin d’éprouver des sensations, de prendre des risques. J’aurai du mal à m’investir dans la natation. C’est trop monotone pour moi. Je suis aussi très perso, individualiste. Les sports co, ce n’est pas pour moi.
 


 
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