Ali Abbas, un Irakien enfin libre
Actualités / Football - le 19 février 2009 à 16h05
En 2007, le milieu international irakien, Ali Abbas, s'était exilé en Australie pour fuir la guerre. Cette fois, après être rentré chez lui, à Bagdad, le joueur a décidé de retourner en Océanie pour poursuivre une carrière professionnelle. Parcours d'un joueur atypique.
30 juillet 2007: dans une ferveur populaire indescriptible, l'Irak remporte, pour la première fois de son histoire, la Coupe d'Asie. Des milliers de personnes, y compris des membres des forces de sécurité, célèbrent à Bagdad la victoire des coéquipiers de Younis Mahmoud sur l'Arabie Saoudite (1-0). Mais, dans le même temps, deux attentats à la voiture piégée se succèdent, faisant 51 morts et 126 blessés. Même lorsqu'un moment de joie égaye un pays ravagé depuis des années par les confrontations opposant Kurdes, Chiites et Sunnites, la violence s'invite dans la foule. Et ça, le joueur Ali Abbas est bien placé pour en parler.
Quelques semaines plus tard, alors que le milieu de terrain d'Al Qowa Al Jawia Bagdad n'a que 20 ans, il apprend le décès de son père après une énième explosion en plein coeur de Bagdad. Abbas le vit très mal, et ne se sent plus en sécurité. Il décide alors de fuir son pays pour rejoindre l'Australie. Sans club, mais toujours sélectionné avec l'équipe nationale des moins de 21 ans, il n'a qu'un rêve: jouer les Jeux olympiques de Pékin. Mais son équipe échoue. Cette désillusion va, cependant, le décider à retourner à Bagdad. "Afin de retrouver un peu de stabilité dans ma vie", affirme-t-il à l'AFP.
Sans trop avoir le choix, il évolue alors avec Club des Forces aériennes. "Mais l'idée de devenir professionnel continuait à me trotter dans la tête", explique-t-il. Et, après quelques semaines de négociations, une solution allait le rendre totalement heureux: les Marconi Stallions, un club de la Ligue de Nouvelle-Galles du Sud (2e div. australienne), souhaite l'enrôler. Ali Abbas a accepté, sans hésiter. À 22 ans, le milieu international irakien va enfin pouvoir vivre de sa passion, sans la crainte de subir un attentat.


