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Abdeslam Ouaddou Abdeslam Ouaddou

> 06 décembre 2008 à 11h00

Par Thomas HETEAU

Abdeslam Ouaddou dit "non au racisme". Interview.

En février 2008, le défenseur international marocain de l’AS Nancy, Abdeslam Ouaddou, avait été la cible d’insultes à caractère raciste. Aujourd’hui, le footballeur a accepté de parrainer un tout nouveau site, "non-au-racisme.com". Il nous en explique les raisons.

"Tout au long de la première mi-temps, une personne en tribune n'a cessé de tenir des propos racistes, très durs, dont je vous épargnerai les mots. Ce ne sont pas des mots à entendre". En revanche, lui n’a pas été épargné. Lors du match Metz-Valenciennes FC en février dernier, Abdeslam Ouaddou, qui évoluait à l’époque sous les couleurs valenciennoises, avait du faire face à des insultes à caractère raciste particulièrement dures. Cherchant à en connaître les raisons, le footballeur était monté dans les tribunes pour tenter de dialoguer avec l’auteur des faits. L’arbitre avait alors tiré un carton jaune contre le joueur marocain.

Aujourd’hui, Abdeslam Ouaddou a accepté de parrainer un nouveau site Internet, "non-au-racisme.com". Un site non commercial qui a pour objectif de participer à lutter  "contre ce fléau"."Il faut continuer sans relâche à sensibiliser le grand public à soutenir la lutte contre le racisme, explique Vincent Pakula, à l’origine du projet. Nous souhaitons réussir à mobiliser des supporteurs de toute la France, et bien évidemment aussi des pays du Maghreb". Un site Web au concept original puisque chaque internaute peut adhérer à la charte de "bonne conduite du supporteur". Parrain de cette nouvelle initiative, Abdeslam Ouaddou nous explique son engagement.

Lesdessoudusport.fr : Pour quelles raisons avez-vous accepté cette mission?

Abdeslam Ouaddou : J’ai moi-même été victime d’injures à caractère racial dans le championnat de France, donc j’ai été sensible à cette sollicitation. Cette initiative, de créer ce site, peut sensibiliser énormément de gens et pas seulement dans le sport.

Justement, l’incident de mars 2008 a-t-il joué dans votre engagement?

Même si j’ai voulu tourner la page, ça a été un élément déclencheur, ça ne fait aucun doute. Mais j’aurai quand même accepté cette mission sans cet événement.

Comment jugez-vous la situation du football français en matière de lutte contre le racisme?

Ce qui est important de rappeler, c’est qu’il s’agit d’une minorité. Il ne faut pas exagérer. C’est plus important en Espagne ou dans les pays de l’Est qu’en Italie ou en France par exemple. Si c’est le reflet de la société, je pense que c’est une minorité. C’est un manque d’éducation. Je suis vraiment d’accord avec Lilian Thuram quand il dit qu’il faut éduquer les gens. Il faut leur apprendre, leur enseigner la tolérance, éduquer à la tolérance.

Il y a quelque temps, vous aviez pourtant expliqué ne pas vouloir devenir une sorte d’emblème de la lutte contre le racisme, comme peut l’être justement Lilian Thuram…

En effet, je n’ai aucune envie de devenir une sorte de symbole. Je souhaite seulement contribuer, à mon niveau, à changer les mentalités. Je pense que cela sera utile aux générations futures.

A votre avis, quelles sont les actions à mener par les acteurs du monde du football pour combattre le racisme?

Tout le monde doit s’impliquer : à l’école où l’on apprend beaucoup de choses, mais aussi les éducateurs, les dirigeants de clubs, les associations que les jeunes peuvent fréquenter et puis les parents. Il faut vraiment avoir un discours de tolérance. C’est en multipliant des manifestations contre le racisme qu’on y arrivera. Peut-être que ça marchera avec le temps, peut-être avec la génération de nos enfants.

Pour plus d’informations : www.non-au-racisme.com


 
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